Publié le 30 Janvier 2020

LA FOURMI ET L’ÉLÉPHANT et ÊTRE OU NE PAS ÊTRE : pièces théâtrales

Voici enfin les manuscrits de LA FOURMI ET L’ÉLÉPHANT et du texte base ÊTRE OU NE PAS ÊTRE, pièces théâtrales sur l’histoire de la résistance du peuple vietnamien à tous les impérialismes, depuis l’antiquité jusqu’à l’agression états-unienne.

Livre librement accessible ici :

https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/LA%20FOURMI%20ET%20L_ELEPHANT_ETRE_OU_NE_PAS_ETRE_Kadour_NAIMI.pdf

ou ici

https://www.kadour-naimi.com/LA%20FOURMI%20ET%20L_ELEPHANT_ETRE_OU_NE_PAS_ETRE_Kadour_NAIMI.pdf

 

L’exposé concernant l’écriture, la réalisation et la réception critique se trouve dans l’ouvrage ÉTHIQUE ET ESTHÉTIQUE AU THÉÂTRE ET ALENTOURS, volume 1, point 9. Théâtre total : La Fourmi et l’Éléphant (1971).

Librement accessible ici :

https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-theatre-oeuvres-ecrits%20sur%20theatre_ethique_esthetique_theatre_alentours.html

ou ici :

https://www.kadour-naimi.com/f-ecrits_theatre_ethique_esthetique.html

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #THÉÂTRE

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Publié le 24 Janvier 2020

REPRÉSENTATION DU MOUVEMENT POPULAIRE ALGÉRIEN :  CONTRADICTIONS ET PARADOXES

Représentation ?… Non, merci !

 

Un ami m’écrit :

« Je discutais hier avec un hirakiste pur et dur engagé et mobilisé depuis le 22 février à ce jour. Je lui ai posé cette question simple : « Le Hirak a trois slogans fondamentaux : yetnahaw gaâ [Qu’ils dégagent tous], pas de représentants du Hirak et silmia [pacifisme]. Abstraction faite du troisième qui a permis à GS [l’ex-chef d’État-major Gaïd Salah] de mettre à exécution sa feuille de route du début jusqu'à la fin, la mise en pratique des deux premiers donnerait ceci : tous les responsables se retireraient du pouvoir et de l'administration et personne ne les remplacerait puisque le Hirak qui exige cela refuse d'être représenté. Qui prendra les commandes alors ?" Mon interlocuteur a beugué. »

L’auteur de ce commentaire est un compatriote qui se bat depuis très longtemps pour l’établissement d’une authentique démocratie en Algérie, par conséquent, il soutient et défend le Mouvement populaire avec tous les moyens à sa disposition.

Quant à l’auteur du texte qui suit, depuis le 29 février 2019 (1), il attire l’attention sur le fait de ne pas se limiter au « cri » des marches hebdomadaires, mais à la nécessité stratégique d’auto-organiser le Mouvement populaire, pas seulement pour marcher, mais pour réfléchir, échanger des idées, établir une plateforme commune de revendications permettant la création d’un Front uni, basé sur des structures territoriales, et, enfin, débouchant sur l’élection démocratique de représentants sur mandat impératif.

Mais, voilà : le Mouvement populaire ne dispose pas de représentants dûment élus et de manière démocratique.

 

Objections et réfutations.

 

On connaît les diverses objections.

1) Ces représentants seraient emprisonnés ou récupérés.

Mais ces phénomènes sont caractéristiques de tout mouvement social, depuis toujours dans le monde. C’est là un risque auquel il faut trouver une solution. À moins que le Mouvement populaire algérien croit ne disposer que de très peu de citoyens et citoyennes capables d’agir comme représentants, et que, s’ils seraient emprisonnés ou récupérés, il n’y aurait plus d’autres citoyens et citoyennes capables de les remplacer. Ce serait, alors, reconnaître une grave carence du Mouvement populaire en terme de nombre de citoyens-ennes capables d’assumer le rôle de représentants. Pourtant, selon le diction, les cimetières sont remplis de personnes que l’on croyait indispensables.

2) Ces représentants existent déjà, mais ils sont en prison.

Mais des militants et militantes du Mouvement populaire jetés en prison, de quel droit seraient-ils des représentants de ce mouvement ?… Un mouvement authentiquement démocratique ne doit-il pas prendre la peine d’organiser des élections pour se choisir des représentants, et que ces derniers le soient sur base de mandat impératif, afin de veiller au respect de la mission confiée, notamment au risque de récupération des représentants ?

3) Les comités ou assemblées en comités sont interdits par les autorités étatiques, dès lors comment se réunir ?

Pourtant, des associations diverses existent et agissent, malgré les difficultés causées par les autorités étatiques, ceci d’une part. D’autre part, avant le 22 février 2019, les manifestations publiques devaient demander l’autorisation étatique pour avoir lieu ; néanmoins, le 22 février, elles eurent lieu sans aucune autorisation, et, depuis, se répètent chaque semaine… Alors, des citoyens qui ont su imposer des manifestations publiques, que penser du fait que ces mêmes citoyens soient incapables d’imposer également l’existence d’assemblées et de comités territoriaux ?

Ajoutons ce fait : malgré les arrestations, y compris de personnalités, les marches hebdomadaires se poursuivent. Dès lors, pourquoi le risque d’arrestations justifierait le refus de se doter de représentants élus ?

4) Il suffit que les marches hebdomadaires continuent et se renforcent jusqu’à faire chuter le régime en place, alors seraient organisées des élections où le Mouvement populaire élirait ses représentants. Certains même osent affirmer que ces marches pourraient durer des… années !

Où donc, sur la planète, un Mouvement populaire opéra ainsi ?… Uniquement dans les soit disant « révolutions colorées », et pour une durée limitée. Le résultat fut partout, et rapidement, l’élimination d’une oligarchie dominante et son remplacement par une autre, laquelle s’est révélée avoir manipulé la contestation populaire comme simple masse de manœuvre.

Une fois réfutées les objections ci-dessus, se pose la question : les personnes et personnalités qui, bien que participants au Mouvement populaire, ou le soutenant verbalement à partir de leur tour d’ivoire, lui dénient la nécessité de disposer de représentants élus, comment expliquer ce déni ?… Des hypothèses de réponses furent déjà exposées auparavant (2). Ajoutons une autre observation.

 

« Chaos créatif ».

 

Certaines personnalités et organisations (3) ont un intérêt certain à l’absence de représentation effective du Mouvement populaire. Leur stratégie est la suivante : que les marches hebdomadaires parviennent à causer un chaos en Algérie tel qu’il mettrait en difficulté les autorités étatiques, au point de faire sortir l’armée contre le peuple. Alors, ces personnalités et organisations dénonceraient la répression étatique contre le peuple, crieraient aux « droits humains » à défendre et appelleraient à l’ « aide » des puissances « démocratiques » pour éliminer la « dictature militaire » et établir la démocratie en Algérie.

Dans ce schéma, on reconnaît les cas irakien, libyen et syrien. Pour le cas libyen, la vidéo est visible (4) ; elle montre Mohamed Larbi Zitout, représentant de l’organisation « Rachad », justifier l’intervention même de l’armée colonialiste israélienne pour « porter secours » au peuple libyen massacré par le « dictateur » Gueddafi. On constate le résultat.

À ce propos, rappelons deux faits.

1) La théorie du « chaos créatif », formulé par l’ex-Secrétaire d’État U.S. Condoleezza Rice (5). En substance, il affirmait que pour créer le « nouveau Moyen-Orient », voulu par l’oligarchie impérialiste états-unienne et sa vassale l’oligarchie israélienne colonialiste (avec la complicité de leurs sous-vassaux, les monarchies pétrolières moyen-orientales), il fallait créer un chaos dans les nations de la région, et cela jusqu’en Afrique du Nord : contestation populaire contre les autorités étatiques, à un degré qui oblige l’armée à tirer sur les manifestants. Cet événement créerait une délégitimation de l’autorité étatique en place et la légitimation d’une intervention d’armées étrangères, avec le prétexte de venir en aide au peuple martyrisé par ses dictateurs, puis établir la « démocratie ».

À ceux qui déduiraient de cette observation que l’auteur méconnaît ou défend les dictatures, répondons que dénoncer les plans de l’impérialisme doit aller de pair avec la dénonciation des dictatures, et que la lutte contre les dictatures doit être l’action uniquement des peuples qui en sont victimes, sans aucune interférence étrangère, quelque soit son motif. Autrement, le résultat est sous nos yeux: en Irak, Libye, Soudan, Yémen, Syrie. Reste l’Algérie.

2) La théorie des « révolutions colorées ». Pour éliminer un régime politique, recourir uniquement aux manifestations populaires pacifiques, parfaitement organisées par des agents non identifiés, mais où, cependant, agissent publiquement des « militants » autochtones, comme « représentants spontanés » du mouvement social contestataire.

On constate le résultat partout. L’oligarchie dominante, désormais incapable de poursuivre son emprise, est remplacée par une nouvelle. Cette dernière est vassale notamment de l’oligarchie états-unienne, d’une part ; d’autre part, en ce qui concerne les « militants » autochtones, les plus rusés deviennent membres de la nouvelle oligarchie dominante, et les naïfs retrouvent l’anonymat sans aucun profit personnel.

En Algérie, il est évident que ces deux théories sont mises en action. Seuls les ignorants et les partisans des théories impérialistes le contesteraient. Cependant, jusqu’à présent, ces deux théories subversives sont mises en échec en Algérie, tant par le peuple que par l’autorité étatique.

Restent les menaces contre l’Algérie, constituées par la guerre dans la nation voisine, la Libye, notamment avec l’intervention de l’armée turque, et par des organisations terroristes sur la frontière sud, soutenues par les oligarchies impérialistes tout en prétendant combattre le « »terrorisme international ».

C’est dire combien le degré de conscience, de vigilance et de préparation doit être le plus élevé, tant parmi le peuple contestataire que l’armée et les autorités étatiques, afin que les problèmes algériens soient réglés uniquement par les citoyens d’Algérie, de manière pacifique, démocratique et sans aucune ingérence extérieure.

 

Perspective.

 

Une possibilité de solution semble se dessiner : les assises nationales du PAD (Pacte de l’alternative démocratique), qui devraient avoir lieu le 25 janvier prochain « pour l’alternative démocratique et pour la souveraineté populaire » (6).

C’est là, cependant, non pas l’émanation d’un processus d’élections démocratiques de représentants du Mouvement populaire, mais une initiative de personnalités qui pourrait en constituer une étape, un premier pas, une incitation, par la formulation d’une plateforme commune d’action. Celle-ci devrait logiquement être suivie par la constitution de structures de base territoriale (comités ou assemblées) pour discuter et améliorer le texte proposé, puis, espérons-le, déboucher sur un processus d’élection de représentants (sur mandat impératif) du Mouvement populaire.

Espérons que les onze mois de marches hebdomadaires et d’activités annexes de diverses formes d’associations citoyennes finiront par être une leçon pratique pour que le Mouvement populaire se dote enfin des moyens pratiques pour réaliser ses revendications fondamentales en terme de démocratie authentique, c’est-à-dire au service réel du peuple, donc de la nation algérienne.

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(1) « Du cri à l’organisation » in « Sur l’intifadha populaire en Algérie 2019 », librement accessible ici : https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-sur-intifadha-algerie-2019.html

(2) « Pourquoi le Mouvement populaire n’a pas d’auto-organisation ? » in http://kadour-naimi.over-blog.com/2020/01/pourquoi-le-mouvement-populaire-algerien-n-a-pas-d-auto-organisation.html

 (3) « Alliance Rachad et MAK : menace sur l’intégrité nationale » in « Sur l’intifadha... », o. c.

(4) ALGERIE rafaa156 JZR 20200119 in https://www.youtube.com/watch?v=7xrulE4kmTw&pbjreload=10

(5) K. Naïmi, point « 10.10. Théorie du « chaos créatif » dans l’ouvrage « La guerre, pourquoi ? La paix, comment ?... », librement accessible in https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-guerre-paix.html

(6) https://www.algeriepatriotique.com/2020/01/22/les-forces-du-pacte-de-lalternative-democratique-tiennent-leurs-assises-ce-samedi/

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Publié sur Algérie Patriotique (24.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (24.01.2020).

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 19 Janvier 2020

"Le peuple, source de tout pouvoir", pancarte brandie lors d'une marche hebdomadaire du Mouvement populaire.

"Le peuple, source de tout pouvoir", pancarte brandie lors d'une marche hebdomadaire du Mouvement populaire.

Voici ses caractéristiques principales : 1) une organisation des marches hebdomadaires bien réglée mais dont les animateurs-dirigeants ne se déclarent pas publiquement ; 2) un pacifisme rigoureux, malgré les interventions parfois musclées des services étatiques de police et d’arrestations arbitraires ; 3) une durée très longue, onze mois actuellement ; 4) contrastant avec l’organisation efficace des marches hebdomadaires, une absence totale d’auto-organisation autonome du Mouvement sur base territoriale ; 5) un manque de plateforme commune, celles proposées n’ayant pas reçu l’approbation majoritaire et organisée des participants au Mouvement ; 6) absence totale de représentants, élus démocratiquement sur base de mandat impératif, pour défendre les revendications du Mouvement face aux autorités étatiques.

À propos de plateforme commune, notons un fait nouveau et singulier. Lors de la dernière marche du mardi 14 janvier 2012, des étudiants ont brandi une pancarte portant un texte en 14 points. L’initiative est à saluer, mais comment la considérer en absence d’une structure territoriale du Mouvement pour discuter le contenu de cette plateforme, puis établir un texte définitif, à proposer au vote ? Et comment réaliser ce vote sans, encore une fois, une forme d’auto-organisation du Mouvement sur base territoriale ?

Toutes ces observations obligent à se poser la question : Pourquoi le Mouvement populaire ne s’est pas doté d’auto-organisation ?… Qui sont les responsables de cette carence ?

 

« Élite ».

De cette carence, les représentants étatiques ne sont pas les auteurs, tout le contraire, ils ont proposé au Mouvement de se doter de représentants, donc de s’auto-organiser.

Les seuls responsables de la non auto-organisation du Mouvement sont, d’une part, des « personnalités » de partis politiques et des représentants auto-proclamés (ou désignés par certains) de ce qu’on appelle la « société civile ». Tous, au nom de leur « savoir » universitaire et/ou politique, déclarent que le Mouvement populaire doit se contenter de poursuivre uniquement ses marches hebdomadaires, dont la pression finira par concrétiser les revendications du Mouvement, et que, par conséquent, ce Mouvement n’a aucun besoin de s’auto-organiser, sous peine d’exploser à cause de ses divergences idéologiques (1), d’être infiltré par les « services », de voir ses dirigeants récupérés ou emprisonnés (2).

Tous ces arguments ne résistent aucunement à une analyse concrète, à condition qu’elle tienne compte des intérêts du peuple, et non des membres de la caste « élitaire ».

Une autre composante de cette « élite » est constituée par des organisations politiques qui opèrent de manière plus ou moins occulte au sein du Mouvement populaire, notamment Rachad et le MAK. De la part des dirigeants de ces organisations, il est logique de dénier au Mouvement populaire son auto-organisation territoriale, car celle-ci éliminerait le contrôle manipulatoire de ce Mouvement par ces organisations politiques. Leur seul but est d’utiliser le Mouvement populaire comme masse de manœuvre pour réaliser leurs intérêts spécifiques (3).

Ainsi, à chaque approche d’un vendredi, ces membres des diverses composantes de l’ « élite » annoncent avec enthousiasme déclamatoire, sans aucune preuve pour légitimer leur prophétie, que le vendredi prochain sonnera la chute du régime tout entier, selon le slogan « Yatnahou ga3 ! » (Qu’ils dégagent tous !). Nous en sommes là, et ces membres de l’ « élite » continuent leur litanie prophétique, sans aucune remise en question. Tout au plus, ils osent cette lapalissade : le Mouvement populaire est organisé puisqu’il continue à marcher hebdomadairement. Mais d’auto-organisation de base territoriale, ces membres de l’ « élite » décrètent que le Mouvement n’a pas « vocation » à s’en doter.

 

Citoyens.

N’oublions pas d’autres responsables de la carence d’auto-organisation du Mouvement

populaire : ce sont les participants aux marches hebdomadaires, les citoyens ordinaires, plus ou conscients socialement. Très rares parmi eux évoquent la nécessité de l’auto-organisation, en vain.

 

Appels à l’auto-organisation.

Parmi les partis ou personnalités politiques, comme parmi les intellectuels, très rares appellent à la nécessité de l’auto-organisation du Mouvement populaire. Mais leur suggestion demeure, onze mois après, sans résultat significatif, et cela malgré le fait que les revendications du Mouvement populaires demeurent pour l’essentiel seulement des slogans.

 

Explications.

En ce qui concerne ceux qui estiment indispensable l’auto-organisation du Mouvement populaire, leurs appels demeurent extrêmement circonscrits, car les moyens de communication dont ils disposent sont très limités, donc de peu d’impact sur les citoyens.

Pour ce qui est des citoyens en tant que tels, ils manquent de tradition sociale historique dans le domaine de l’auto-organisation de l’action sociale émancipatrice. Les seules expériences significatives furent l’autogestion industrielle et agricole, suite à l’indépendance, puis le mouvement citoyen contestataire de 2001. Mais ces deux expériences furent soigneusement occultées par les autorités étatiques ; quant à la majorité de l’ « élite », malgré tout son savoir universitaire, elle ignore généralement ces deux expériences ou les connaît de manière très superficielle, conformément à ses intérêts de caste élitaire.

La majorité de cette « élite » algérienne, politique et intellectuelle, était et demeure dominée par une mentalité autoritaire hiérarchique. Elle s’exprime clairement dans le dicton populaire : « Ilâ anta mîr ou anâ mîr, achkoun issoug al hmîr ? » (Si tu es maire et je suis maire, qui conduira les ânes ? » Donc, le peuple est considéré être un troupeau d’ « ânes », devant être géré par des « maires ». Ces derniers constituent ce qu’on appelle l’ « élite ».

Les idéologies de cette « élite » sont aussi bien cléricale, nationaliste, « libérale » ou marxiste. Elles ont un point commun : toute société doit être conçue, dirigée et sanctionnée par une « élite ».

D’où vient cette mentalité autoritaire hiérarchique ?… De plusieurs facteurs.

1) Les membres de cette « élite » bénéficient d’un capital sous forme de savoir intellectuel, dont le peuple est dépourvu. Ces membres considèrent, par conséquent, qu’ils savent mieux que le peuple comment réaliser son bonheur. Et le peuple, malheureusement soumis à cette propagande, est aliéné au point de croire qu’il a besoin de « Sauveur », d’ « icônes » et même de « dictateur », en estimant que le peuple ne peut marcher qu’à la « lumière » de ceux qui « savent », sinon au bâton de ceux qui commandent.

2) Cette manière de penser permet, aux yeux de ces membres de l’ « élite », de justifier les postes administratifs dont ils jouissent ou ambitionnent de jouir, avec les privilèges correspondants. Quant au peuple, son aliénation le dispense de son droit à la liberté de choisir, lequel est malaisé à obtenir, à cause de la domination politique dont il est victime, et difficile à exercer à cause de la domination idéologique à laquelle le peuple est soumis.

3) Ces membres de l’ « élite », dans leur grande majorité, ne se mêlent jamais au peuple dans ses quartiers d’habitation, ne visitent jamais ses lieux de travail. Ils préfèrent fréquenter les « grands » de ce monde, dans leurs édifices administratifs et dans les salons de leurs villas, parce que ces « grands » détiennent le pouvoir effectif, auquel les membres de l’ « élite » ambitionnent de faire partie. N’oubliant pas, non plus, que ces membres de l’ « élite » sont payés par des gens qui détiennent le pouvoir, étatique et/ou économique, en Algérie ou ailleurs.

4) Les caractéristiques précédentes expliquent l’idéologie des membres de cette « élite », et, par conséquent, son influence dans le peuple qui y est aliéné. Cette idéologie conçoit toujours un changement social à partir du « sommet » (« élite ») hiérarchique, parce qu’il détient l’autorité, et jamais à partir du peuple. À ce dernier sont accordées, bien entendu, les éloges les plus démagogiques et dithyrambiques, mais pas celui d’être capable de s’auto-organiser : ce n’est pas là sa « vocation », affirment-ils. Évidemment, car, autrement, quelle serait la « vocation » des membres de l’ « élite » ?

Bien entendu, ce discours élitiste est présenté avec tous les arguments possibles. Ils sont légitimés uniquement par la possession de diplômes universitaires, chez les laïcs, et, chez les cléricaux, outre à leurs connaissances, par leur auto-proclamation comme représentants de la volonté divine.

Car la militance socio-politique sur le terrain, parmi les victimes du système social, n’est pas une « vocation » des membres de cette « élite ». Laquelle, dans ses écrits et déclarations, occulte toujours le fait que le monde est dans l’état catastrophique et dangereux où il se trouve, et dont les principales victimes sont d’abord les peuples, précisément parce que ce monde est dirigé par des membres de cette « élite ». Et cela depuis l’apparition des scribes pharaoniques, des mandarins de l’empire chinois, des pharisiens au Moyen-Orient, pour finir avec les actuels bureaucrates, technocrates et « intellectuels organiques » (« embedded » (4)).

Les changements sociaux significatifs dans les nations sont survenus uniquement par les écrits et les actions d’une minorité de détenteurs de savoir social, parce qu’ils furent sensibles et empathiques envers les misères du peuple, jusqu’à le comprendre, lui expliquer, le motiver et se mettre à son service dans la marche émancipatrice, abolissant toute forme d’humiliation-exploitation de l’être humain par son semblable, et d’un peuple par une auto-proclamée « élite ».

 

Conscientisation.

Dès lors, en Algérie, comme ailleurs dans le monde, un travail de conscientisation est à mener. Il a besoin d’un très long terme, de patience, de pédagogie, de modestie et d’intelligence. Le but est de contribuer à ce que les individus et les peuples découvrent l’importance vitale d’auto-gérer leurs vies personnelles et leur collectivités, de manière complémentairement bénéfique.

Ce travail n’est pas circonscrit au champ politique, mais doit concerner le domaine culturel en général, et d’abord celui de l’éducation, de l’école primaire jusqu’à l’université. Car la conception politique est produite par une conception culturelle. Historiquement, quelque soit le changement social important qui se concrétisa dans le monde, il fut toujours préparé par une production culturelle durant des décennies, et en dépit de la répression des tenants du pouvoir étatique dominateur. Ainsi furent éliminés successivement les systèmes esclavagiste, féodal, colonial. Si les tentatives d’élimination du système capitaliste au bénéfice d’un système socialiste échouèrent lamentablement, c’est parce que le travail culturel de conscientisation fut mené de manière erronée. Malgré son indéniable aspect émancipateur, le marxisme demeura une conception archaïque parce que basée, comme les systèmes précédents, sur une mentalité hétéro-gestionnaire, donc autoritaire hiérarchique. Elle se caractérise par la priorité donnée à la direction par un « Parti d’Avant-Garde », composé d’une « élite », pour mener les « masses » populaires. Malheureusement, la conception auto-gestionnaire, qui combattit cet archaïsme, demeura minoritaire (5).

Le travail émancipateur reste donc à faire, en sachant qu’on commence par crier dans un quasi désert. Les protagonistes sont, d’une part, les individus et les peuples eux-mêmes, à travers leurs actions et luttes émancipatrices ; d’autre part, les détenteurs d’un savoir intellectuel. Ces derniers sont une infime minorité, disposés à employer leur savoir non pas pour conserver ou obtenir une position de caste privilégiée, mais pour éliminer toute forme de caste vivant par l’exploitation des individus et des peuples, donc établir une collectivité humaine caractérisée par le triptyque : liberté, égalité, solidarité (6).

L’un des mérites du Mouvement populaire actuel est, avec le réveil social du peuple comme agent actif d’émancipation, de mettre en évidence et de commencer cette production culturelle, et la nécessité de son auto-organisation. Le but est de contribuer à ce que le peuple auto-gère sa propre existence sociale (c’est l’authentique démocratie), parce que telle est la « vocation » de tout peuple, pour employer ce terme à la mode. Alors, ce peuple saura construire une communauté digne de l’idéal qui anima les combattants et combattantes de la guerre de libération nationale.

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(1) Voir « Divergences idéologiques et structuration de l’intifadha populaire » in « Sur l’intifadha populaire en Algérie 2019 », librement accessible ici : https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-sur-intifadha-algerie-2019.html

(2) Voir « Qui gère l’intifadha populaire ? » in o.c.

(3) Voir « Alliance entre Rachad et MAK : menace sur l’intégrité nationale », in o. c.

(4) « Intégré », comme dit la conception états-unienne, en parlant des journalistes qui couvrent favorablement ses agressions militaires.

(5) Pour des motifs que le cadre de cette contribution ne permet pas d’exposer.

(6) Voir « Trois pour, trois contre et deux conditions » in o. c.

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Publié sur Algérie Patriotique (19.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (19.01.2020).

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 18 Janvier 2020

SUR LE MOUVEMENT POPULAIRE ALGÉRIEN : FORCE ET FAIBLESSE

Un recueil assemblant les articles publiés au sujet du Mouvement populaire algérien, jusqu’au 13 janvier 2020, vient de paraître. Le premier texte fut publié juste une semaine après son surgissement. Déjà, l’accent fut mis sur la nécessité de l’auto-organisation de base de ce Mouvement, avec l’article intitulé « Du cri à l’organisation », publié le 27 février 2019.

Les textes présentés dans l’ouvrage permettent de suivre le déroulement du Mouvement populaire, dans ses diverses phases, en s’efforçant de mettre en évidence ses qualités et ses faiblesses. La plus grave de ces dernières est, jusqu’à aujourd’hui, soit onze mois après, une carence d’auto-organisation, partant de la base territoriale, passant par les localités jusqu’à constituer un comité (ou assemblée) national représentatif de l’ensemble du Mouvement. Cette auto-organisation autonome permettrait au Mouvement de se doter de structures de base démocratiques adéquates afin d’établir une plateforme commune d’action, exprimée et défendue par des représentants élus sur mandat impératif. Autrement, le Mouvement est destiné à être organisé, depuis son déclenchement comme dans son déroulement, de manière hétéro-gérée par des agents plus ou moins occultes, servant d’abord leurs intérêts exclusifs de caste dirigeante.

L’ensemble des textes du recueil expose les difficultés concernant cette auto-organisation. À ce sujet, voici le plus étrange et significatif : les opposants déclarés à cette structuration du Mouvement populaire n’ont pas été les gérants de l’appareil étatique, mais des personnalités diverses, politiques et de la dite « société civile », se déclarant en… faveur du Mouvement populaire. Concernant cette étrange et inattendue attitude, des hypothèses sont exposées dans les textes. La principale est que cette opposition à l’auto-organisation du Mouvement a comme but occulte, quoique qu’en disent ses partisans, de maintenir une emprise sur celui-ci, afin de conserver ou de s’offrir un privilège de caste « élitiste », sous forme de postes administratifs dans une éventuelle nouvelle administration. Déjà, on constate des cas de « personnalités » ayant réalisé cette opportunité. Ainsi, le Mouvement populaire servirait uniquement comme masse de manœuvre, comme c’est le cas général, toujours et partout dans le monde.

Une curiosité, - qui est une faiblesse -, principale du Mouvement populaire est de voir ses participants manifester toute leur énergie durant des marches hebdomadaires, sans jamais considérer l’importance de prolonger et d’affermir ces marches par des rencontres de discussion et de clarifications. Signalons, toutefois, l’existence ou la naissance de certains comités et associations dont l’impact, malheureusement, n’est pas significatif sur le Mouvement.

Pour la mise de l’ouvrage à la disposition du public, il a semblé nécessaire de ne pas recourir à une maison d’édition, mais de le proposer en accès libre, en format PDF électronique (1). Ainsi, le plus grand nombre y aura accès, de manière facile et gratuite. Quant aux amateurs de livre en papier, ils ont la faculté de transformer l’ouvrage selon leur désir.

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(1) Télé-déchargement ici :
https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-sur-intifadha-algerie-2019.html

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Publié sur Algérie Patriotique (16.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (16.01.2020).

 

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 12 Janvier 2020

PROBLÉMATIQUE DU MOUVEMENT POPULAIRE

Slogan et concrétisation.

Contentons-nous d’un seul : « Yatnahou ga3 ! » (Qu’ils dégagent tous!). Très beau slogan, radical, sonnant bien comme contenu et comme forme… Mais, comment réaliser ce mot d’ordre ?… Rien n’est dit !… « Marchez ! Et continuez à marcher ! » conseillent, quand ils n’ordonnent pas, les prétendus experts et connaisseurs. Pourtant, les marcheurs marchent depuis onze mois, sans voir se concrétiser leur slogan.

Tout observateur ou militant conscient et honnête (les deux qualités sont indispensables) sait qu’un slogan a besoin de méthode pour être concrétisé. Or, le Mouvement populaire (plus exactement ses animateurs et inspirateurs non identifiés) s’est distingué par le refus de proposer une méthode.

On connaît les motifs avancés : risque d’infiltration et de manipulation du mouvement populaire. Étrangement, on évoque uniquement celles venant du pouvoir étatique, mais pas d’organisations étrangères ou algériennes, telles Rachad ou le MAK (1). Même certains « démocrates laïcs » gardent le silence ou sous-estiment ces deux dernières organisations. Quant aux autres motifs avancés, tel l’emprisonnement des représentants déclarés du mouvement populaire, cet argument est inconsistant, car tout mouvement populaire doit savoir affronter ce risque, sous peine de ne pas exister. Comment des millions de citoyens pourraient-ils négocier avec les représentants d’un État ?… À moins que des agents d’organisations occultes, tels ceux de Rachad ou du MAK, se tiennent dans l’ombre, en utilisant les marcheurs comme masse de manœuvre pour faire « dégager » les membres de l’État, puis les remplacer. Dès lors, devient clair cet apparemment étrange comportement : exiger « Dégagez tous ! », sans proposer d’alternative en remplacement.

Se pose, alors, la question : ce refus de concrétisation d’un slogan par l’auto-organisation est-il spontané ou manipulé ?… Les participants au Mouvement populaire ne disposent généralement pas de connaissance en matière de processus social leur permettant de savoir la nécessité d’une méthode pour concrétiser un slogan. Toutefois, le marches de ce mouvement populaire ont tous les aspects d’une action organisée par des agents non identifiés, lesquels n’ont jamais posé le problème de la méthode pour concrétiser le slogan en question.

S’ils ne l’ont pas fait, deux hypothèses se présentent. Soit ces organisateurs des marches, avec les slogans correspondants, ignorent le fonctionnement des mouvements populaires : à savoir que les marches populaires sont uniquement le résultat ou le prélude à l’auto-organisation en comités citoyens fédérés au niveau national. Mais cette hypothèse est peu crédible : peut-on savoir brillamment organiser des marches sans savoir le but poursuivi ?… Une deuxième hypothèse est, au contraire, celle que la logique impose : que ces organisateurs sont opposés à cette auto-organisation, pour maintenir leur contrôle sur les marcheurs, afin de les manipuler pour un objectif occulté.

Quel peut être cet objectif ?… Il fut déjà évoqué auparavant. Répétons-le. L’histoire des mouvements populaires l’enseigne : utiliser les marches populaires uniquement comme masse de manœuvre pour « dégager » les détenteurs de l’État, c’est viser à prendre leur place, et constituer une nouvelle caste oligarchique. Qui donc, en Algérie, l’incarnerait, à présent que la composante bouteflikienne de l’oligarchie est éliminée, sinon les dirigeants de Rachad en alliance avec ceux du MAK ? (1) Objecter que ces deux organisations ne sont pas à la hauteur d’une telle ambition, c’est perdre de vue qu’elles agissent comme agents internes d’oligarchies étrangères redoutables : États-Unis, Israël, France, Angleterre, Arabie saoudite, Émirats arabes, Qatar, Turquie.

 

Triptyque.

Examinons la problématique de l’auto-organisation populaire. Trois éléments y interviennent : 1) une plateforme ou programme de base commun, 2) une structuration du mouvement citoyen, 3) des représentants pour parler en son nom et défendre ses intérêts.

Là encore, l’observation des mouvements populaires dans le monde permet cette constatation : selon les conditions sociales concrètes, l’un des trois éléments ci-dessus naît en premier et produit les deux autres. Parfois, la proposition d’une plateforme commune permet la création de structures citoyennes pour la discuter et l’adopter, puis l’élection de représentants pour la concrétiser. Parfois, la création de structures citoyennes permet l’élaboration et l’adoption d’une plateforme commune d’action, puis l’élection de représentants pour la concrétiser. Parfois, des représentants spontanés d’un mouvement social proposent une plateforme en appelant à la discuter dans des structures citoyennes, ou, au contraire, proposent la création de structures citoyennes pour élaborer une plateforme commue d’action, puis l’élection de représentants pour la concrétiser.

Examinons ces trois éléments dans l’actuel mouvement populaire algérien. À notre connaissance : 1) aucun représentant spontané n’a proposé ni de plateforme commune, ni la création de structures citoyennes pour élire des représentants capables de concrétiser cette plateforme ; 2) quelques propositions de plateforme commune furent présentées, sans succès ; 3) des structures citoyennes n’ont pas été créées, à l’exception de quelques collectifs ou associations de composition et d’action très limitées… Rien de consistant comme poids dans le rapport de force avec l’adversaire étatique.

Ce dernier s’en est trouvé tellement à l’aise qu’il alla jusqu’à suggérer au Mouvement populaire de se doter de… représentants !… On assista, alors, à la réaction de prétendus experts et intellectuels soit disant partisans du Mouvement populaire : ils dénoncèrent cette suggestion des détenteurs étatiques comme simple provocation, destinée à ce que des représentants du Mouvement populaire soient élus pour être emprisonnés ou corrompus.

Nous sommes, encore là, dans l’un des deux cas : soit ces experts et intellectuels sont des ignorants en ce qui concerne le processus d’un mouvement populaire pour s’assurer la victoire, soit ils refusent au mouvement populaire de s’auto-organiser, afin de maintenir leur contrôle et leur direction sur ce mouvement, pour conserver leur statut privilégié d’élite dominante ou en devenir une nouvelle, après l’élimination de celle au pouvoir.

Le mouvement populaire est donc encore dans cette situation, après désormais onze mois : marcher hebdomadairement et crier son slogan principal « Yatnahou ga3 ! » (Qu’ils dégagent tous !) sans savoir comment le concrétiser… Notons, cependant, que ce slogan n’est plus dominant et massif comme il le fut au début des marches.

Pourquoi cette renonciation ?… Est-ce parce que, au sein du mouvement populaire, les « animateurs », d’une part, et, d’autre part, les participants aux marches ont compris l’impossibilité de concrétiser ce slogan, après toutes les victoires obtenues par les gestionnaires de l’État, notamment une élection présidentielle et les actions ultérieures du nouveau gouvernement ?

 

Partis politiques et organisations syndicales.

Certains ont espéré et continuent à espérer que les partis politiques censés être engagés au service du peuple contribuent à doter le Mouvement populaire d’une organisation, sans toutefois le récupérer pour leurs seuls intérêts partisans.

Malheureusement, nous constatons que ces partis politiques : 1) ne parviennent pas à s’accorder eux-mêmes sur une plateforme commune ; 2) sont handicapés par un « zaimisme » (présidentialisme) ; 3) ne trouvent pas leur intérêt à se mettre, au-delà des paroles, au service du mouvement populaire.

Pourtant, la création d’un Front populaire uni s’impose. Il réunirait toutes les composantes intéressées à un changement établissant une réelle démocratie dans un État de droit effectif. Alors, dans un champ politique réellement libre et démocratique, les divers partis politiques engageraient des débats afin de conquérir l’adhésion citoyenne. Apparemment, les partis politiques n’y sont pas prêts. Glissons sur le fait de savoir quel degré de démocratie existe au sein même de ces partis politiques.

Quant aux organisations syndicales, contrairement à la Tunisie (comme auparavant et davantage en Pologne) où leur rôle fut important dans le mouvement populaire contestataire, en Algérie, le syndicat majoritaire n’est visiblement pas au service du peuple, tandis que les organisations syndicales minoritaires n’ont pas la force d’impacter positivement le mouvement populaire.

 

Énigme.

Dans l’observation du mouvement populaire algérien, après onze mois d’existence, ce qui frappe et laisse totalement perplexe, - tout au moins en le comparant aux autres processus des mouvements populaires -, c’est cette absence de l’un des trois éléments déclencheurs des deux autres : ni proposition de plateforme commune recevant une adhésion significative, ni création de structures citoyennes, ni représentants spontanés du mouvement pour appeler à la nécessité de création d’une plateforme commune ou de structures citoyennes.

Certes, l’histoire sociale algérienne est dépourvue d’une tradition significative dans ce domaine. L’autogestion suite à l’indépendance nationale et le mouvement social contestataire de 2001 furent des expériences sans lendemain, d’une part parce que les oligarchies étatiques les réprimèrent sans ménagement, d’autre part les militants de ces deux expériences ne trouvèrent pas les moyens alternatifs pour prolonger leurs actions, ou, tout au moins, leurs idées d’auto-organisation populaire.

Toutefois, marcher hebdomadairement durant onze mois, sans jamais que l’un des trois éléments évoqués plus haut intervienne pour passer à la phase constructive, opératoire, cette absence demeure un énigme de ce mouvement populaire algérien. À moins de découvrir qu’il a été et demeure manipulé par des agents non identifiés, se servant des marcheurs comme masse de manœuvre pour réaliser leurs propres objectifs : changer de caste dominante. Le futur proche fournira la réponse. Espérons que le mouvement populaire apprendra la leçon. Les marches contestataires aussi massives qu’elles soient, avec les slogans les plus radicaux, ont besoin de leur complément constructif : plateforme commune, structures citoyennes, animateurs favorables à l’auto-organisation, mandataires pour représenter les intérêts du mouvement populaire. Il est encore temps d’y penser.

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(1) Voir « Alliance entre Rachad et MAK : menace sur l’intégrité nationale », http://kadour-naimi.over-blog.com/2020/01/alliance-entre-rachad-et-mak-menace-sur-l-integrite-nationale.html

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Publié sur Algérie Patriotique (08.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (08.01.2020).

 

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 5 Janvier 2020

PRÉVENIR LES AGRESSIONS ÉTRANGÈRES EN ALGERIE

Les problèmes internes à l’Algérie sont multiples et graves, en premier lieu l’opposition persistante entre Mouvement populaire et les gestionnaires de l’État. C’est là une contradiction interne à la nation, à laquelle il faut absolument et le plus vite possible trouver la juste solution, juste signifiant au bénéfice du peuple.

Ceci étant clarifié, - pour éviter tout malentendu et toute manipulation de ce texte -, deux questions doivent être posées.

1) Peut-on permettre que les conflits internes à l’Algérie deviennent la faille, la faiblesse par laquelle des oligarchies étrangères, soutenues à l’intérieur par des organisations autochtones harkies (1), agressent l’Algérie ? Car le but est clair et les preuves existent : s’emparer des ressources naturelles de l’Algérie et faire de son territoire une base militaire, pour contrer la Russie et la Chine afin de demeurer l’unique puissance hégémonique impérialiste mondiale, et, par voie de conséquence, permettre au colonialisme israélien de se maintenir et d’édifier son « Grand Israël » au détriment du peuple palestinien ?

2) Parce que les détenteurs de l’État algérien évoquent le danger d’agressions étrangères, soutenues par des harkis intérieurs, peut-on ignorer ces menaces ?... Prétexter que cette menace est évoquée par les détenteurs actuels de l’État uniquement pour détourner l’attention des problèmes internes, et que cette menace serait négligeable ou inexistante, c’est, dans le meilleur des cas, ignorer la gravité de la situation actuelle, et, dans le pire, être un agent harki interne des oligarchies étrangères.

Un principe fondamental est à considérer : les problèmes d’un peuple, ici l’algérien, doivent être résolu uniquement par ce peuple lui-même, sans aucune interférence étrangère, d’où qu’elle vienne et quelques soient ses intentions déclarées.

 

Situation concrète.

L’Algérie est : 1)encerclée de bases militaires étrangères tout autour de son territoire ; 2) a des frontières avec des pays soit déjà désintégrés par l’impérialisme (Libye) soit sur la voie de la désintégration (Mali) ; 3) est infiltrée par une masse inquiétante d’immigrés, masse servant sans aucun doute à l’infiltration de membres d’organisations terroristes, soutenus et financés par des oligarchies étrangères.

En outre, l’Algérie est un pays extrêmement tentant par des oligarchies impérialistes ou néo-coloniales : 1) un immense territoire d’une importance stratégique : carrefour situé au sud de la Méditerranée (dont le nord est occupé par l’Otan), partie importante de l’Afrique (destinée à être la proie économique de toutes les convoitises oligarchiques mondiales) et du monde dit « arabo-musulman » (où ressources naturelles et territoires sont d’importance géo-stratégiques) ; 2) immenses ressources énergétiques (le nerf de la guerre et de l’économie) : pétrole et gaz, sans parler de la nappe phréatique (qui deviendra un enjeu fondamental prochainement).

 

Adversaires.

Voici les ennemis de l’Algérie, État et peuple confondus, soulignons-le.

1) L’oligarchie états-unienne. Conformément à la doctrine Rumsfeld/Cebrowski, son intérêt est de maintenir et renforcer son hégémonie mondiale, base de sa puissance économico-militaire. Dans ce but, il faut mettre la main sur les ressources naturelles de toutes les nations de la périphérie de la planète, autrement dit les pays économiquement sous-développés, dont l’Algérie. Ces ressources sont en premier lieu le pétrole et le gaz, et l’occupation du territoire servirait à installer des bases militaires afin d’encercler la Russie et la Chine, et étendre la zone géographique de l’Otan.

2) L’oligarchie française néo-colonialiste. Elle concurrence les USA en ce qui concerne les ressources naturelles de l’Algérie, et veut prendre sa revanche historique sur la défaite qui l’a chassée d’Algérie, suite à la guerre de libération nationale.

3) L’oligarchie colonialiste israélienne. Elle veut prendre sa revanche sur son échec, lors de la guerre de libération nationale algérienne, d’accaparer une portion du territoire algérien pour y installer la communauté juive résidente alors en Algérie. La même oligarchie veut punir l’Algérie pour être un soutien indéfectible du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits territoriaux, conformément aux résolutions de l’ONU.

4) Les oligarchies saoudite, émiratie, qatarie. Pour sauvegarder leurs intérêts, assurés par leur système social théocratique, elles doivent empêcher l’établissement en Algérie d’un système démocratique. Il constituerait un exemple et un encouragement pour les peuples du Moyen-Orient afin de lutter pour la démocratie dans leurs pays. Par conséquent, ces oligarchies théocratiques moyen-orientales ont un intérêt vital à favoriser l’établissement, en Algérie, d’un système social identique au leur.

5) L’oligarchie au pouvoir en Turquie. Son intérêt est de maintenir son emprise, et, dans ce but, elle doit développer son économie, en accédant aux pétrole et gaz algériens, et en occupant le territoire algérien pour réaliser sa « oumma » (communauté) islamique sous la férule de l’organisation des « Frères Musulmans ».

6) Les organisations algériennes inféodées respectivement au colonialisme israélien (MAK), aux oligarchies moyen-orientales (« mouvance » islamiste wahhabite), à l’oligarchie turque (mouvance « frères musulmans ») (2).

6) Les organisations terroristes, financées et formées par l’une ou l’autre des oligarchies ci-dessus évoquées.

7) Un autre ennemi de la nation algérienne reste à évoquer : les généraux corrompus de l’armée nationale algérienne.

 

Armée.

Comme dans toute autre nation de la planète, en Algérie l’armée est l’institution dont le rôle est de défendre l’intégrité territoriale contre toute agression étrangère. Pour y réussir, l’armée doit la prévenir par une préparation secrète et par des démonstrations publiques adéquates de dissuasion.

Comme toute autre armée dans le monde, l’armée algérienne doit, également, ne pas contenir en son sein des corrompus, à n’importe quelle échelon hiérarchique et, d’abord, à celui du commandement. Une armée est à l’image de la fameuse Muraille de Chine, qui protégeait le pays contre les envahisseurs. Mais rappelons que ces derniers réussirent à pénétrer dans le territoire, suite à une… trahison : des soldats gardant l’une des portes furent corrompus.

C’est dire l’importance vitale d’un commandement constitué uniquement de responsables techniquement compétents, d’une part, et, d’autre part, d’une intégrité patriotique sans faille. À ce sujet, où en en est notre armée ? La question n’a aucun besoin de réponses démagogiques, mais objectives. Il s’agit de déceler les éventuelles faiblesses et carences, et de leur trouver les solutions nécessaires, le plus tôt et le mieux possible.

Cette préoccupation légitime et indispensable pour disposer de la meilleure armée possible doit, cependant, contrecarrer les critiques visant l’armée en tant que telle, avec le but, avoué ou caché, de la faire déprécier par le peuple, car ce serait faire objectivement le jeu des ennemis étrangers (3).

 

Peuple.

L’histoire mondiale montre, toutefois, qu’une armée a un besoin stratégique de bénéficier du soutien le plus large et le plus résolu de la population dont cette armée fait partie. En outre, ce soutien, pour être le plus efficace, doit se traduire par une préparation adéquate, militaire et autre, du peuple afin de constituer l’apport indispensable pour résister efficacement à une agression.

Un exemple. L’auteur de ces lignes a constaté, de visu, qu’en Chine existent des refuges pour citoyens, en cas d’agression ; ils se trouvent partout sur le territoire, bien indiqués, et facilement accessibles. Et dernièrement, le Président Xi Jin Pin a clairement déclaré que le peuple chinois doit se préparer à la guerre. Non pas qu’il la désire, mais pour se protéger des préparatifs réels de l’oligarchie états-unienne qui a déclaré vouloir maintenir son hégémonie mondiale (4).

Rappelons-nous également l’importance du rôle du peuple lors de la guerre de libération nationale, en matière de renseignement et de soutien logistique.

À ce sujet, il est vital, autrement dit stratégique, que les détenteurs actuels de l’État trouvent des solutions pour éliminer leur opposition avec le Mouvement populaire. Les déclarations publiques et les funérailles de l’ex-chef de l’État-Major ne suffisent pas pour démontrer le soutien populaire réel et majoritaire à l’armée. Certes, le peuple algérien, de par son histoire récente, a démontré qu’au-delà des divisions internes, il sait assumer son devoir patriotique. Cependant, les événements survenus depuis l’indépendance nationale démontrent qu’il y a encore à faire pour que le soutien du peuple a son armée soit totalement efficace.

 

Front uni.

Le Mouvement populaire se trouve, désormais, devant deux problèmes. D’une part, interne, l’opposant aux gestionnaires actuels de l’État ; d’autre part, externe, à savoir l’éventualité d’une agression étrangère. Quel est, alors, le comportement adéquat ?

Abordons un problème très délicat, susceptible de controverses.

Écarter les généraux corrompus de l’armée est, bien entendu, une nécessité vitale stratégique pour une armée compétente. Mais utiliser le prétexte de l’existence de ces officiers corrompus ne doit, en aucun cas, inciter le peuple à jeter le bébé avec l’eau, autrement dit à ne pas faire corps avec l’armée en tant qu’institution de défense nationale contre une agression étrangère.

Méditons sur un exemple. En Chine, lors de l’invasion impérialiste japonaise, le parti communiste suscita et pratiqua le front uni avec le Kuomintang, malgré le fait que ce dernier disposait d’une armée pleine de généraux corrompus, y compris leur chef Chang Kaï Chek, d’une part, et, d’autre part, ayant commis de multiples massacres de gens du peuple (travailleurs, paysans, intellectuels, étudiants, militants patriotiques) favorables à une Chine indépendante et démocratique.

Pourquoi citer cet exemple ?… Pour dire qu’en cas d’agression contre l’Algérie, les arguments consistant à dire : « Nous refusons de soutenir une armée où se trouvent des généraux corrompus, et qui a, lors de la « décennie sanglante », assassiné des civils », que ces arguments ne sont pas à considérer. Pourquoi ?… Parce qu’en cas d’agression étrangère, le premier objectif, commun, est de résister ensemble, peuple et armée, puis de chasser l’agresseur du territoire national. Ce n’est qu’après cette victoire que le peuple doit affronter les problèmes internes et leur trouver des solutions. Car l’intégrité de la nation est la première des priorités, si le peuple algérien ne veut pas finir comme les peuples irakien, libyen, yéménite, soudanais, somalien ou risquer de subir l’actuelle situation syrienne.

 

Transformer la faiblesse en force.

La gravité de la phase actuelle de l’Algérie, interne comme externe, peut et doit être l’occasion pour créer les meilleures relations entre l’armée et le peuple, donc entre les gérants de l’État et le Mouvement populaire. Ainsi les faiblesses internes se transformeraient en force externe.

Bien entendu, comme le montre le cas syrien, le soutien de nations amies, en premier lieu la Russie et la Chine, a un rôle important ; mais il est secondaire car le principal consiste dans un peuple et son armée stratégiquement unis. Cette unité est généralement invincible. Si, néanmoins, une défaite a lieu, la résistance populaire, encadrée efficacement par son armée, finira par chasser les envahisseurs. Le cas le plus significatif était et demeure jusqu’à aujourd’hui celui donné par l’exemplaire peuple du Viet Nam, d’abord contre l’agression colonialiste française, ensuite contre celle impérialiste états-unienne. Ajoutons que le peuple algérien et son armée disposent déjà d’une expérience très précieuse : la guerre populaire de libération nationale contre une puissance de l’Otan, la France.

Certes, les armements et les technologies ont changé, mais les éléments fondamentaux des conflits demeurent identiques : contre la bestialité des armées d’agression, matériellement supérieures, opposer l’intelligence du peuple uni à son armée compétente. Quant à ceux qui privilégient la formation dans les académies militaires les plus prestigieuses, rappelons que le doublement vainqueur militaire respectivement des généraux français puis états-uniens fut un simple ex-instituteur : Nguyen Giap avec ses collaborateurs.

Et si les impérialistes veulent créer ce qu’ils appellent le « chaos créatif » (5), qu’il soit l’occasion de créer une nation réellement forte parce que réellement démocratique, où peuple et armée sont le double garant de l’intégrité nationale.

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(1) Voir « Peuple algérien et démocratie », http://kadour-naimi.over-blog.com/2019/12/peuple-algerien-et-democratie.html#

(2) Voir « Alliance entre Rachad et MAK : menace sur l’intégrité nationale »,http://kadour-naimi.over-blog.com/2020/01/alliance-entre-rachad-et-mak-menace-sur-l-integrite-nationale.html

(3) Le slogan du Mouvement populaire, « État civil et non militaire », sera examiné dans une prochaine contribution.

(4) Voir « La guerre, pourquoi ? La paix, comment ?... », Partie V. Quel ordre ?, librement accessible ici : https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-guerre-paix.html

(5) Voir « Pourquoi la guerre, comment la paix ?... », o.c., point 10.10. Théorie du « chaos créatif».

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Publié sur Algérie Patriotique (04.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (05.01.2020).

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 3 Janvier 2020

ALLIANCE ENTRE RACHAD ET MAK :  MENACE SUR L’INTÉGRITÉ NATIONALE

La situation en Algérie connaît une évolution inquiétante. Chevauchant le Mouvement populaire actuel, des organisations algériennes plus ou moins occultes en profitent pour concrétiser des buts inavoués, mais certains.

Évitons d’abord des malentendus. Dénoncer les méfaits divers dont est victime le peuple algérien est nécessaire, afin de les éliminer, d’une part. D’autre part, dénoncer l’emploi de la « menace étrangère » par des autorités étatiques comme justification pour légitimer leurs injustices est, également, nécessaire. Μais faut-il, à partir de cela, tirer des conclusions dangereuses pour la nation algérienne en tant que telle ?

 

Menace sioniste.

L’organisation MAK, profitant des injustices incontestables dont est victime en particulier la Kabylie, agit pour l’« indépendance » de cette région. Comment cette organisation veut l’obtenir ?… En s’alliant ouvertement à l’État israélien, déclaré « démocratique et respectant les droits humains ». Pour les gens du MAK, le peuple palestinien n’existe pas, d’une part, et, d’autre part, l’idéologie religieuse obscurantiste qui domine l’oligarchie étatique en Israël n’existe pas non plus. Pourtant, une minorité de Juifs dans le monde, ainsi qu’une minorité de citoyens israéliens dénoncent le caractère colonialiste de l’État israélien et la domination religieuse obscurantiste qui imprègne ses dirigeants (1).

Des preuves existent. Durant la guerre de libération pour l’indépendance de l’Algérie, les dirigeants de l’État israélien (Ben Gourion, à l’époque) voulaient convaincre De Gaulle de créer une entité territoriale offerte à la communauté juive d’Algérie. Par la suite, après l’indépendance, les dirigeants étatiques algériens, au-delà de tous leurs défauts, avaient le mérite de pratiquer une politique de soutien indéfectible au peuple palestinien, dans sa lutte patriotique contre le colonialisme israélien, afin d’obtenir un territoire, reconnu par les Nations Unies elles-mêmes.

Ces faits expliquent pourquoi, et cela depuis les années 1980 (2), les dirigeants d’Israël conservateurs et, - il faut le souligner -, intégristes religieux, n’auront de cesse de voir l’Algérie désintégrée, comme l’Irak, la Libye, le Yémen, ainsi que les tentatives contre le Liban, la Syrie et l’Iran. Tous les dirigeants de ces nations, au-delà de leurs défauts, se distinguent par le soutien à la lutte patriotique du peuple palestinien.

D’où il ressort que les dirigeants du MAK, profitant des injustices commises en Kabylie, visent clairement à la désintégration de l’Algérie, concrétisant ainsi le plan colonialiste israélien, dont ils sont les harkis en Algérie.

 

Menace islamiste.

De l’autre coté, l’organisation algérienne « Rachad » et ses représentants, dont Mohamed Larbi Zitout, militent pour la constitution d’une « oumma [communauté] islamique », laquelle exige l’élimination des nations existantes, à dominante religieuse musulmane, et parmi elles l’Algérie (3).

Pour y parvenir, ces activistes, se présentant ouvertement comme « démocrates » et plus subtilement comme islamistes, font partie de l’organisation internationale « Frères musulmans », dont l’accointance avec l’oligarchie impérialiste états-unienne est prouvée (4). Or, l’on connaît la doctrine Rumsfeld/Cebrowski : elle vise à détruire les nations de la périphérie de la planète, et d’abord celles du Moyen-Orient, afin de mieux disposer de leurs ressources naturelles et de leur territoire comme base militaire, permettant l’encerclement et l’espionnage électronique de la Russie et de la Chine. C’est que l’idéologie des « Frères Musulmans » et celle des oligarchies impérialistes et colonialiste sioniste ont le même intérêt à la destruction des nations du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à dominante religieuse musulmane. Quitte à ce que, en cas de destruction de ces nations, naisse une « oumma » (empire) islamique, soit ottomane, sous la férule d’Erdogan, membre de l’organisation des « Frères Musulmans », soit wahhabite, dominée par l’oligarchie saoudite. Ce qui explique l’actuel opposition entre les oligarchies d’Arabie saoudite et des Émirats Arabes, d’un coté, et, de l’autre, celles de Turquie et du Qatar.

 

L’étrange alliance.

Dans l’une de ses ultimes vidéos, Zitout évoque avec chaleur l’alliance, qu’il appelle « tactique », entre son organisation islamiste « Rachad » et … le MAK !… Oui, les anti-arabo-islamistes du MAK et les anti-athées-berbéristes de « Rachad » se retrouvent avec l’objectif commun : détruire la nation algérienne ! Pour y parvenir, ils occultent provisoirement leurs objectifs spécifiques, obtenus sur les ruines de la désintégration de l’Algérie : pour « Rachad », l’édification d’une « oumma islamique », en réalité vassale de l’impérialisme états-unien, et pour le MAK, une Kabylie « indépendante », en réalité vassale du colonialisme israélien, donc aussi de l’impérialisme états-unien.

Répétons que les preuves concrètes et convaincantes de ce qui est avancé ici se trouvent sur Internet, notamment dans les vidéos ; il suffit de bien chercher.

Question : parmi les participants au Mouvement populaire algérien, combien de partisans et sympathisants de « Rachad » et du MAK disposent des informations exposées ici ?… Constatation plus grave : certains intellectuels algériens, se présentant comme « progressistes » et « démocrates » font tout pour déclarer et écrire en sous-estimant quand pas en occultant ces informations, en tentant de faire croire que « Rachad » et le MAK ne sont que des « organisations comme les autres » et qu’ils ont droit à l’existence et à la parole au nom de la… démocratie. Question : Est-ce démocratique d’avoir comme but la destruction de la nation algérienne, au profit d’une caste composée de membres de « Rachad » ou du MAK, harkis de colonialistes et d’impérialistes ?… Pour répondre à cette question, il suffit de savoir que les agressions colonialiste sioniste contre le Liban, ainsi que celles impérialistes contre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Yémen et les menaces contre l’Iran sont toutes, sans aucune exception, justifiées par l’élimination des dictatures pour établir la démocratie. Les résultats sont sous les yeux : désintégration des nations, au profit des impérialistes et des colonialistes sionistes, avec la complicité de leurs harkis autochtones. Reste l’os dur, l’Algérie !

 

L’instrument principal.

Mais, demanderait-on, comment ces deux organisations, « Rachad » et MAK, s’y prennent pour parvenir à leur but ?… Très simple : en dénonçant, - avec raison -, l’existence de généraux corrompus dans l’armée algérienne, ces deux organisations insinuent quand elles ne concluent pas ouvertement que c’est l’armée algérienne en tant que telle qui est à rejeter et à détruire… Par exemple, Zitout présente des vidéos où l’on voit des soldats du service national mal nourris, mal logés, maltraités… Par ce genre de vidéos, n’est-ce pas l’armée en tant que telle qui est visée ? L’autre membre de « Rachad », Mourad Dhina, est allé jusqu’à diffamer l’armée nationale algérienne, comme n’ayant aucune valeur en tant qu’armée, en faisant, par comparaison, l’éloge avec l’armée… devinez laquelle ?… israélienne (5). Qu’en penser, pour quelqu’un qui se proclame fièrement « islamiste », « démocrate » et « patriote », voulant le bien de la nation algérienne ?

Faut-il expliquer davantage ?… Quel est le principal rempart de protection de la nation algérienne, comme de toute nation dans le monde ?… L’armée, quelques soient ses carences et son interventionnisme dans le domaine socio-politique. Si vous la stigmatisez, comme le font Zitout et Dhina, quel est votre but sinon de semer le doute sur cette armée en ce qui concerne ses capacités de défense de l’intégrité du territoire national, et de vouloir détruire la confiance du peuple dans son armée ? Faut-il ajouter que Zitout participa à l’agression impérialiste qui détruisit la Libye ? (6)

Voilà pourquoi, dans une contribution précédente, l’auteur de ces lignes appelait à la constitution de comités de base populaires afin de discuter, entre autre, la pertinence de certains slogans, notamment celui de « État civil et non militaire ». Qui donc a suggéré ce slogan, et quel but vise-t-il ?… Uniquement l’élimination de généraux corrompus et la main-mise du commandement de l’armée sur la vie sociale ? (7) De quelle garantie dispose-t-on pour être certain que ce slogan ne vise pas, de manière insidieuse et occulte, la dévalorisation de l’armée en tant que telle, donc la défiance du peuple envers l’armée, et, ainsi, porter atteinte à l’instrument principal qui garantit l’intégrité de la nation algérienne, et, par conséquent, la défense du peuple contre des agressions impérialistes-néocolonialistes-colonialistes israéliennes ?

Certains, selon leur idéologie, insinueront que l’auteur de ces observations est un agent des « services », un « anti-islamiste » et « anti-berbériste » primaire, qui cherche à obtenir quelque faveur du régime actuel. Cet auteur répond simplement : considérez les arguments et démontrez leur éventuelle invalidité.

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(1) Voir « La guerre, pourquoi ? La paix, comment ?... », SECTION III. QUEL ORDRE ou qui tire profit du désordre ? / PARTIE I. PAYS ET TYPE D’ORDRE, point 3. Israël et Palestine. Livre gratuitement disponible ici : https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-sociologie-oeuvres-guerre-paix.html

(2) Voir sur Internet le document dit « plan Yinon » de Oded Yinon. Bien entendu, les officines sionistes de propagande considèrent ce texte comme sans importance, voire manipulé par des « complotistes » anti-israéliens !

(3) Voir http://kadour-naimi.over-blog.com/2019/12/mouvement-populaire-et-manipulations-l-islamisme-politique.html

(4) Voir https://nowarnonato.blogspot.com/2019/06/thierry-meyssan-sous-nos-yeux-les.html et https://www.alterinfo.net/Le-deal-entre-les-Freres-musulmans-et-les-Etats-Unis-confirme-par-Morsi_a84329.html

(5) Voir « Mouvement populaire et manipulations : l’islamisme politique », http://kadour-naimi.over-blog.com/2019/12/mouvement-populaire-et-manipulations-l-islamisme-politique.html

(6) Les preuves vidéo ont été présentées par l’activiste Rafaa. Sa plus récente est https://www.youtube.com/watch?v=6ylZ7w-t9ZA

(7) Ignore-t-on l’avertissement, lors de son discours d’adieu, du Président Eisenhower ? Il dénonça le risque de main-mise du « complexe militaro-industriel » sur la nation états-unienne. Et ignore-t-on qu’un Président des États-Unis ne peut rien faire sans l’aval des chefs de l’armée, au risque d’être assassiné par un « individu isolé » ? Et ignore-t-on que certaines des promesses électorales de l’actuel Président Donald Trump n’ont pu être concrétisées à cause de l’opposition du commandement de l’armée U.S. ?

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Publié sur Algérie Patriotique (01.01.2020) et La Tribune Diplomatique Internationale (02.01.2020).

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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