Publié le 19 Décembre 2024

Corruption : l’ennemi public numéro 1  et comment le neutraliser

Les analyses des événements en Syrie évoquent la corruption comme l’une des causes de la chute du système politique précédent ; ces analyses semblent, à mon avis, ne pas accorder à la corruption son importance stratégique comme motif explicatif.

Importance de la corruption

Dans un panier, un fruit pourri gâche les autres ; sur un arbre, des vers pourrissent un fruit jusqu’à sa chute par terre.

Pour dominer un peuple, la première méthode consiste à corrompre ses élites dirigeantes. Ensuite, la corruption s’étend aux différentes couches de la société, des plus influentes (économique, militaire) à celle qui façonne l’opinion citoyenne (la culture).

La corruption peut commencer par le bas de la pyramide sociale : le peuple, soumis à une existence matérielle trop difficile, recourt aux moyens les plus illicites pour survivre, dont la corruption.

La corruption peut naître par la courroie de transmission entre les dirigeants étatiques et le peuple, pour une amélioration des conditions matérielles, par exemple juge, policier, douanier, soldat, employé, enseignant, jusqu’au simple portier d’un immeuble.

La corruption peut commencer par le haut de la pyramide sociale. Les dirigeants du pays succombent au désir d’enrichissement pour jouir de villas, de véhicules, de compte bancaire à l’intérieur ou/et à l’étranger.

Dès lors, la nation, dans ses divers domaines, dévorée par la corruption, devient une proie facile à ses ennemis internes ou/et externes.

Quelques rappels historiques

De l’antiquité à aujourd’hui, le problème est identique : pour dominer un peuple et sa nation, par des agents autochtones (dictature) ou/et étrangers (impérialisme), il faut corrompre.

Un étranger, venu dans l’antique Sparte et ne voyant pas de muraille, s’inquiéta auprès du chef de la cité. Ce dernier lui montra les paysans au travail dans les champs : « Voici notre muraille ». Les citoyens étaient tous dotés d’une formation militaire adéquate et d’une idéologie conséquente.

Vous étonnerez-vous, par exemple, de voir les manifestations de liesse de Syriens, après la chute du système politique des Assad ?… Les dirigeants de cette nation n’ont pas voulu constituer leur peuple en muraille capable de résister aux agressions, interne ou/et externe. Je dis « voulu », car un peuple-muraille signifie lui donner la capacité culturelle de savoir défendre sa patrie contre deux dangers : 1) une dictature interne, 2) une agression étrangère.

La Muraille de Chine fut construite pour protéger le pays des invasions. Informations données par Chat-GPT :

« Corruption et trahisons

L'idée que des gardiens de la Muraille de Chine aient été corrompus par les Mongols fait référence à des événements spécifiques où des officiers ou des fonctionnaires locaux, ou même des membres de l'élite, ont trahi leurs propres dirigeants pour s'allier avec les envahisseurs. Par exemple, dans le cadre de la dynastie Jin, certains officiers ou seigneurs locaux ont ouvert les portes ou facilité l'accès des Mongols en raison de leurs alliances secrètes, de leur insatisfaction envers leur propre gouvernement ou, dans certains cas, de pots-de-vin.

Les Mongols, en tant que conquérants, étaient également très habiles à exploiter les divisions internes entre les peuples qu'ils attaquaient. Ils ont souvent promis des récompenses, des postes de pouvoir ou des terres à ceux qui se ralliaient à leur cause. Cela a conduit à plusieurs trahisons, y compris parmi les gardiens des fortifications de la Muraille de Chine, bien que les sources historiques sur cet aspect soient parfois floues.

Ce qui est certain, c'est que la stratégie des Mongols a été aussi psychologique que militaire, exploitant à la fois la corruption, la division interne et les faiblesses des dynasties chinoises pour parvenir à leurs fins. »

Comment l’Empire romain a conquis d’autres nations ?… Par la corruption de leurs dirigeants. Durant la guerre contre l’impérialisme romain menée par Jugurtha, quel aspect inquiéta le plus l’oligarchie romaine ?… Non pas les victoires militaires du chef numide, mais un autre fait : il utilisait la même arme que les Romains, à savoir corrompre par l’argent des représentants de l’oligarchie romaine.

Quel motif déterminant explique la chute du système « soviétique » ?… Si l’on prend la peine de connaître l’histoire réelle, et non pas la propagande, on découvre ce motif dans les toutes premières années de l’installation de ce système :

« Il avait rudement raison, ce paysan qui déclara au VIIIe Congrès des Soviets :

« Tout va très bien... Seulement, si la terre est à nous, le pain est à vous ; l’eau est à nous, mais le poisson est à vous ; les forêts sont à nous, mais le bois est à vous..."

A part ça, le travailleur ne doit pas s’en faire1. »

Autrement dit, après le Révolution d’Octobre, très vite, une caste privilégiée se constitua et imposa sa domination, camouflée en « dictature du prolétariat ». Le pourrissement de la « pomme » se concrétisa en soixante-dix ans (19212-1991).

Durant l’agression militaire états-unienne contre l’Irak, Scott Ritter, analyste en géo-stratégie, déclara : quatre-vingt généraux de l’armée irakienne, complices de l’armée U.S., furent emmenés aux États-Unis.

En 2024, l’AIPAC, organisme états-unien lobby sioniste, affirma avoir acheté environ 65 % des Représentants du Congrès U.S. Face à eux, que peut faire le Président élu du pays, Trump ?

À propos de la chute de la Syrie, que sont devenus les dirigeants de l’armée ?

Comment opère les agences, clandestines ou déclarées type ONG, d’une oligarchie impérialiste actuelle pour recruter des représentants des élites d’une nation, puis changer le système politique en faveur des intérêts de cette oligarchie étrangère ?… Par des pots de vin, l’octroi de bourses, la formation de « Young Leaders », le financement plus ou moins occulte d’activités dans tous les domaines, notamment culturel (Centres, Instituts, etc.), la publication des « œuvres » et la diffusion des déclarations largement médiatisées d’« influenceurs ».

L’argent, utilisé pour enrichir les éléments corrompus d’une nation, est le moyen de soumission. Tous les autres domaines suivent : économie, militaire, culturel.

Agent corrupteur et agent corrompu

À l’intérieur d’une nation, l’oligarchie dictatoriale crée une caste opportuniste, assoiffée d’enrichissement, pour encadrer le peuple et vivre à son détriment.

À l’échelle internationale, l’oligarchie impérialiste crée une oligarchie autochtone à son service : les deux vivent de l’exploitation des richesses naturelles de la nation vassale.

Si l’argent se révèle insuffisant comme moyen de soumission, il est complété par l’exercice de la violence. Elle s’exerce par la dictature autochtone ou/et par l’agression militaire étrangère. Cette violence est d’autant plus efficace que le degré de corruption dans la société est grave.

L’argent permet de constituer des armées mercenaires, capables de renverser des régimes politiques corrompus ; et le manque d’argent fragilise les armées jusqu’à les rendre inefficaces face à une agression militaire interne ou/et externe3. L’argent est le nerf de la guerre, et de la force ou de la faiblesse d’une nation.

Solution

Une nation indépendante, un peuple souverain doivent, en premier lieu, éliminer toute forme de corruption parmi leurs représentants, dans tous les domaines.

Pour qu’une nation soit victorieusement résistante à une agression étrangère, il faut que cette nation le soit à ses contradictions internes. Pour l’être, il faut que son peuple soit informé et conscient des enjeux. Pour qu’il le soit, il faut un rapport non de peur, de méfiance et d’hostilité, mais de confiance et de coopération entre dirigeants et dirigés, dans tous les secteurs de l’activité sociale.

Cette excellence de situation d’une nation n’est pas facile à réaliser : les corrompus existent dans toute société. Plus grave encore : ils pratiquent l’art de se présenter comme les meilleurs défenseurs de la nation et du peuple, d’où la difficulté de repérer leurs méfaits.

Comment découvrir ces derniers, pour les neutraliser ?

Tout représentant ou défenseur de la nation et du peuple, qui agit dans le domaine social, doit rendre public son compte bancaire et ses biens matériels. Ces informations doivent être connues avant l’entrée en fonction et à la fin de celle-ci : cela permet de vérifier si, durant l’activité publique, la personne n’en a pas profité pour s’enrichir illégalement.

Un organisme national de contrôle, constitué en réseau dans tout le pays, vérifie la conformité des déclarations de ces représentants. Cet organisme fonctionne correctement à une condition : que les dirigeants étatiques le permettent ; et, pour qu’il en soit ainsi, elles doivent défendre réellement les intérêts de leur peuple.

Est-ce là une proposition utopique ?… Des indices de Perception de la Corruption dans les diverses nations existent. Il servent d’indicateurs aux investisseurs et aux… corrupteurs. Il est donc possible de réduire la corruption à un minimum qui met hors de danger le fonctionnement correct d’une nation.

Accuser les corrupteurs d’asservir des corrompus, c’est reprocher à un serpent d’émettre son poison, à un virus d’envahir le corps : stupide et inutile. L’attitude correcte est de veiller à ce que le serpent n’utilise pas son venin, que le virus n’envahisse pas le corps. Le venin ou le virus, dans une société, sont les individus dépourvus de dignité humaine : ils se vendent au plus offrant et accomplissent ses ordres les plus abominables, en se présentant comme les personnes les plus bienfaitrices. Prévenir vaut mieux que guérir.

1 Voline : La révolution inconnue Russie 1917 – 1921.

2 Si on considère non pas 1917, date du renversement du régime tsariste, mais 1921 : date de l’écrasement militaire par les Bolcheviks du Soviet de Kronstadt et des Soviets d’Ukraine.

3On a dit que, juste avant l’attaque victorieuse contre le gouvernement Assad, le soldat syrien recevait une solde mensuelle de 15 dollars alors que pour nourrir sa famille il devrait disposer au moins de 200 dollars.

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Publié 16 décembre in

https://www.algeriepatriotique.com/2024/12/16/corruption-comment-neutraliser-cet-ennemi-public-numero-un/

https://reseauinternational.net/corruption-lennemi-public-numero-1-et-comment-le-neutraliser/

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #EDUCATION-CULTURE, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 12 Décembre 2024

De la guerre de libération culturelle

« Si nous venons à mourir, défendez notre mémoire. »

Didouche Mourad

Comment est-on arrivé là ?... Une paire de misérables éthiquement, et médiocres littérairement1 néo-harkis mobilisent tant d’énergie d’Algériens et de sympathisants du peuple algérien pour dénoncer des calomnies.

Rappel d’une métaphore, lue durant mon adolescence. Auteur : Mao Tsé Toung. Si un poing frappe une tomate, qui se brise ?… La tomate. Si le même poing frappe un caillou, qui se brise ?… Le poing. Autrement dit : les contradictions internes priment sur les contradictions externes (encore Mao). Conclusion : l’action externe (de l’adversaire) a d’autant plus d’impact que la contradiction interne2 est grave.

Cette introduction, pour dire quoi ?… Répondre à des calomnies est nécessaire, mais pas suffisant : il reste à trouver des solutions aux problèmes qui ont permis les calomnies. Remercions les ennemis pour avoir attiré l’attention sur nos carences3.

Guerre de libération nationale

Nous voici brusquement réveillés à défendre l’épopée libératrice, parce que deux, seulement deux chiens de garde l’ont diffamée : pour eux, les combattants de la libération nationale sont des nazis, des lâches, des profiteurs, des menteurs, des terroristes, etc. Comment peut-on oser ces calomnies ?

Après un séjour prolongé au Vietnam et en Chine, de retour en Algérie, je suis resté stupéfait par la carence des témoignages sur l’épopée libératrice nationale. Comme toutes les épopées, elle eut ses aspects admirables et d’autres pénibles. Toutefois, s’il est difficile d’évoquer ces derniers, il est d’importance vitale de rappeler les premiers.

Dans les deux pays asiatiques visités, les autorités célèbrent et honorent leurs libérations de l’impérialisme de toutes les manières possibles, partout, en tout temps, dans toutes les couches de la population4.

En comparaison, en Algérie, célébrations et commémorations sont insuffisantes : combien de musées de la mémoire dans les villes, dans les villages, sur les champs de bataille eux-mêmes ? Combien de documentaires et témoignages de survivants ou de leurs enfants dans les émissions télévisées ? Combien de films, de documentaires et de séries, de pièces de théâtre, bien réalisés, de romans et d’essais bien écrits ? Combien d’écoliers, de lycéens, d’étudiants sont emmenés pour visiter les musées concernant cette période, à recevoir dans leurs établissements des témoins ?

Ces carences vont, parfois, jusqu’au ridicule : allez voir, à Oran, les statues de moudjahidines sur la place de Mdin Jdida et celle au rond-point près du lycée Lotfi.

Les carences sont telles que les néo-harkis peuvent mettre en question la dignité de la guerre libératrice, et des jeunes, nés après l’indépendance, regrettent les « bienfaits » de la France, estiment qu’« avant, c’était mieux » : ils avancent comme preuve le nombre d’Algériens émigrés en France où rêvant d’y aller, les enfants de privilégiés qui étudient puis restent en France.

Quelle réaction est la meilleure, la plus efficace ?… Se contenter de répondre que ces critiques sont des calomnies, ou se dépêcher à éliminer les carences jusqu’à rendre les calomnies insignifiantes ?

Bien entendu, les impérialistes vaincus, leurs idéologues et les néo-harkis persiflent : « Vous êtes revanchards ! Oubliez le passé ! » Pire : ils se servent de la décennie noire pour occulter, déprécier non seulement la guerre de libération nationale, mais proclamer les « bienfaits de l’époque coloniale », la « fainéantise des indigènes », les colons plus compétents à cultiver et aimer la terre algérienne.

Imaginons deux prétendus ou vrais écrivains français. L’Allemagne leur octroie la citoyenneté allemande, puis, de ce pays, les deux individus vanteraient les « bienfaits de l’occupation nazie en France », la « fainéantise des indigènes français » lors de leur défaite face à l’armée allemande, le « terrorisme » des résistants français, écrire un roman sur un Allemand nazi qui a rejoint la résistance française pour insinuer que cette dernière pratiquait une idéologie nazie, dénoncer « l’obscurantisme de la religion catholique » française face aux « lumières » du protestantisme allemand. Quel traitement les Français patriotes réserveraient aux auteurs de ces allégations ? Robert Brasillach, cela vous quelque chose ?

Question : l’outrage à l’histoire algérienne et à son peuple, par deux néo-harkis devenus français par condescendance de sa Majesté Macron, cet outrage ne trouve-t-il pas sa source dans notre carence à maintenir vivace le prix consenti par le peuple algérien pour se débarrasser des criminels du passé ? Par conséquent, outre à dénoncer les « contrebandiers de l’histoire », selon la juste expression de Rachid Boudjedra, au-delà des paroles défensives, il reste à passer à l’offensive : trouver comment raviver l’esprit patriotique en Algérie.

Drame migratoire

Les ennemis du peuple algérien ont beau jeu de dénoncer nos compatriotes qui vivent en France et ceux qui rêvent d’y aller, du jeune chômeur le plus démuni jusqu’au docteur en ceci ou cela, jusqu’au harraga qui préfère risquer la noyade. Dans le quartier populaire où je vis, j’ai entendu un gamin de dix ans me déclarer : « Dès que je ramasserai l’argent nécessaire, al harga ! »

En 1972, je signalais déjà cette tragédie5. Le Vietnam, l’indépendance acquise, mit fin à l’émigration de ses travailleurs ; Cuba, après la victoire patriotique, opéra de même. Et ces deux pays ne possèdent ni pétrole ni gaz.

Pourquoi, en Algérie, dotée de ces deux matières premières, l’émigration non seulement persiste, mais s’aggrave ? Certes, des Algériens retournent au pays pour contribuer à son développement ; leur nombre est insuffisant.

L’oligarchie française, ses chiens de garde et ses néo-harkis n’ont-ils pas beau jeu de soulever ce problème ?… Et s’il est correct de leur rétorquer les 132 années de colonialisme, est-ce suffisant, après 60 ans d’indépendance ? Ne faut-il pas étudier au plus vite et au mieux comment mettre fin à l’hémorragie migratoire des Algériens, et intéresser ceux de la diaspora à revenir pour contribuer au développement du pays ?

Régression culturelle

Réelle et affligeante en Algérie, elle permet aux néo-harkis de proférer leurs calomnies. S’ils étaient réellement, comme ils le prétendent, des amis du peuple algérien, ils proposeraient des solutions.

L’un des motifs de ce fléau est dans la préférence donnée par trop de responsables à la médiocrité. Elle privilégie l’obéissance de béni-oui-oui, et exclut la compétence ; celle-ci, basée sur l’honnêteté, agit uniquement selon des critères objectifs performants. Pour parler uniquement dans mon secteur de compétence, - théâtre, cinéma, littérature, critique dans ces domaines -, je suis effaré par la futilité, d’autant plus futile qu’elle est arrogante6 : les ignorants applaudissent le charlatan, haïssent celui qui invite à reconnaître les carences et à s’efforcer de les combler.

Qu’a-t-on fait et que fait-on, réellement, pour redonner à la vie culturelle algérienne les conditions de son renouveau, de son dynamisme, de sa valeur nationale et internationale ?… Certes, les locaux existent, le financement de même : où est la substance humaine ?

Si elle n’existe pas, comment l’expliquer après 62 ans d’indépendance ? Si elle existe, pour quel motif ne pas la solliciter ? Un peuple sans culture adéquate peut-il résister aux agressions culturelles, prémisses à celles militaires ?

Économie et espace public

S’il est vrai que les autorités étatiques montrent un effort réel dans ces deux domaines, le succès stratégique sera réalisé seulement quand le pays ne dépendra plus de ses matières premières, concrétisera une auto-suffisance dans tous les domaines, et assurera un espace public digne de ce nom.

Ne pas se tromper

Les Algériens ou d’origine algérienne, comment savoir si leur prétention à aimer et défendre le peuple algérien est sincère ?… Très simple : au lieu d’insulter ce peuple en invoquant ses carences, ils proposeraient des solutions ; elles prouveraient leur respect de ce peuple et leur honnête collaboration à son progrès dans tous les domaines.

L’adversaire du peuple algérien n’est pas le peuple français : l’oligarchie de France manipule, exploite et opprime celui-ci comme elle veut réduire celui-là au même traitement. Rappels historiques significatifs :

- 1848 : après la révolution de février qui renversa le roi Louis-Philippe, des mouvements populaires éclatèrent à la fois en Algérie et en France. Cavaignac, général de l'armée française, réprima en Algérie les révoltes d'indigènes, puis retourna à Paris où, nommé ministre de la Guerre, il dirigea l'armée qui massacra l’insurrection ouvrière. Cavaignac devint un héros national.

- 1870-1871 : l’armée massacra, à Paris, des milliers de prolétaires de la Commune, et, en Algérie, les indépendantistes autochtones. Des survivants se retrouvèrent ensemble au bagne en Calédonie.

Après cela, peut-on s’étonner que les deux néo-harkis dont je parle fassent partie de la tendance fasciste-sioniste en France ? Leur haine du peuple algérien ne révèle-t-elle pas une haine identique pour le peuple français ?

Veillons à la solidarité entre les peuples. Leur opposition ne profite qu’aux oligarchies. Utilisons les mots adéquats : ils sont des armes clarificatrices. L’ennemi du peuple algérien n’est pas « la France », c’est l’oligarchie qui le domine, elle-même soumise aux oligarchies états-unienne et colonialiste sioniste.

Une oligarchie étrangère peut-elle aider un peuple en difficulté ?… Ah, oui : lui « porter la démocratie », la « libération de ses femmes opprimées », les « droits de l’homme », le « libérer de l’obscurantisme ». Comme en Afghanistan, en Irak, en Libye ? Auparavant, au Vietnam, en Chine, en Algérie, en Afrique, etc. ? Aujourd’hui, en Syrie, au Liban ?

Il faut être un fieffé mercenaire pour utiliser ces arguments de propagande, ou un crétin total pour croire à leur efficacité. À moins de maintenir un peuple dans l’ignorance ou l’insuffisante connaissance de son passé de résistance, de favoriser une « élite » autochtone médiocre, parce que opportuniste, au détriment des authentiques intellectuels.

Des paroles aux actes

La guerre des opinions, dite cognitive, - je l’appelle culturelle, même si le terme semble démodé -, ne se gagne pas uniquement avec les paroles, mais, tout autant et d’abord, par les actes concrets pour combler les lacunes.

Pourquoi les Vietnamiens n’ont pas leurs néo-harkis en France ou aux États-Unis, et les Chinois, pas au Japon ? S’ils existent, leur influence est tellement dérisoire qu’elle n’oblige pas à des réponses. Informez-vous de la manière dont les dirigeants vietnamiens et chinois entretiennent la mémoire de leur épopée, ont mis fin à l’émigration de leurs concitoyens, ont donné vie à leur activité culturelle, et vous aurez des exemples d’inspiration pour l’Algérie.

Qui objecterait : Nous n’avons pas à nous inspirer d’autres expériences. Réponse : les initiateurs de la guerre de libération algérienne ne se sont-ils pas inspirés de celle vietnamienne ? Et, d’une manière générale, n’a-t-on pas le principe « Apprends la science, même si de la Chine » ? Tous les peuples progressent en s’inspirant correctement les uns des autres.

À qui sait voir et comprendre, tous les indices montrent des faits : 1) l’oligarchie française veut effacer son humiliation politico-militaire coloniale par une revanche ; 2) l’oligarchie coloniale israélienne veut se débarrasser d’une Algérie partisane intransigeante du peuple palestinien ; 3) une partie de l’oligarchie états-unienne soutient le projet israélien ; 4) l’oligarchie marocaine, néo-colonisée, voudrait éliminer une république algérienne indépendante, soutien de l’auto-détermination du peuple sahraoui. Toutes ces oligarchies trouvent leur intérêt à réduire l’Algérie à un Liban déchiré, une Libye démembrée ou un génocide à Gaza. Fragmenter les pays, opposer leurs ethnies respectives, financer une cinquième colonne (néo-harkis), calomnier pour créer des conflits entre peuples voisins7. Contester ce fait procède d’une ignorance ou d’une manipulation.

Les combattants de la guerre de libération nationale arrachèrent l’indépendance. Aux générations suivantes de la mériter : d’abord, en trouvant les solutions convenables à toutes les carences qui permettent aux ennemis du peuple algérien d’agir.

Le plus vite serait le mieux : la guerre des opinions contre l’Algérie prépare celle des bombardements pour la reconquérir. Pas nécessaire d’être spécialiste en stratégie ou de lire dans une mare de café pour le savoir : il suffit de consacrer le temps à connaître les faits sur les médias encore libres.

Les premières déclarations des nouveaux ministres algériens, en particulier de la Communication et de la Culture, permettent d’espérer que les intentions soient validées par les actes. Le peuple algérien a vaincu l’oligarchie française par la conquête de son indépendance politique ; il lui reste à la vaincre sur le plan culturel. Larbi Ben Mhidi remarqua, en substance : si la guerre de libération nationale est difficile, la construction qui nous attend après est encore plus difficile.

Il est vital d’empêcher que la peste répandue par les deux néo-harkis prolifère (8), soutenue par une rémunération et une médiatisation adéquates par des oligarchies dont il faut estimer correctement la dangerosité. Comment ?… Appliquer à l’application réelle de la devise : « Par le peuple et pour le peuple ». Si l’on prétend qu’il est incapable de cette gestion, la mission urgente ne consiste-t-elle pas à l’y former ? Comment, sinon par la culture ? Par qui, sinon par des personnes éthiquement honnêtes, professionnellement compétentes ?

2 Ahmed Bensaada parle d’ « anfractuosité » et de guerre « cognitive ».

5Elle causa la rupture de ma collaboration avec Kateb Yacine lors de la réalisation collective de « Mohamed, prends ta valise ! » : voir mon mon livre « THÉÂTRE : BEAUTÉ VÉRITÉ BONTÉ ».

7Seuls les naïfs croiront que Boualem Sansal, en parlant de villes de l’ouest algérien, ignorait l’histoire. En fait, il la connaît, mais sa déclaration visait à attiser les hostilités entre les peuples marocain et algérien. Méthode pratiquée par Joseph Goebbels : plus le mensonge est gros, plus il a des chances d’être cru.

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https://www.algeriepatriotique.com/2024/12/10/de-la-guerre-de-liberation-culturelle/#comments

10 décembre 2024

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE

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Publié le 29 Novembre 2024

Du talent littéraire dans « Houris » de Kamal Daoud

De la plus grande à la moindre maison d’édition, dans le monde entier, la première page d’un texte annonce sa valeur, à moins que le critère de décision soit autre que littéraire.

À propos des critiques sur « Houris » de K. Daoud, je n’ai pas lu d’analyse, citations à l’appui, sur la qualité littéraire du texte, d’où mes observations : je me contente de la première page du roman, pour le motif déjà signalé. Les italiques sont les miennes.

Texte

« La nuit du 16 juin 2018, à Oran.

Le vois-tu ?

« Je montre un grand sourire ininterrompu et je suis muette, ou presque. Pour me comprendre, on se penche vers moi très près comme pour partager un secret ou une nuit complice. Il faut s’habituer à mon souffle qui semble toujours être le dernier, à ma présence gênante au début. S’accrocher à mes yeux à la couleur rare, or et vert, comme le paradis. Tu vas presque croire, dans ton ignorance, qu’un homme invisible m’étouffe avec un foulard, mais tu ne dois pas paniquer. Dans la lumière, j’apparais comme une femme de taille élancée, exténuée, à peine vivante, et mon immense sourire figé ajoute au malaise de ceux qui me croisent. Ce sourire, illimité, large, presque dix-sept centimètres, n’a pas bougé depuis plus de vingt ans. Il est un peu plus bas que le bas de mon visage et étire mes mots, mes phrases. Parfois, je le cache avec un foulard coloré ; le tissu, je le choisis toujours onéreux et rare. Je relève mes cols.

« Parlons, puisque l’occasion est inédite. Car, oui, tu es l’événement que je n’ai jamais imaginé. Il m’arrive du ciel, sur la tête, avec la précision d’une météorite sur le crâne d’un prophète affligé. Bavardons, sans nous arrêter. Si je me retiens, je devrai t’ôter la vie sans cérémonie, crûment, presque dans l’insouciance, comme un boucher qui bâillerait sur la carcasse »…

Examen

La langue française évite au maximum les répétitions, à moins de clarification sémantique ou de musicalité poétique. Dans le texte, ces deux conditions existent-elles ?

« Je montre un grand sourire ininterrompu et je suis muette, ou presque. »

De quel sourire s’agit-il, en fait ?… Une longue cicatrice au cou, résultat d’une tentative d’égorgement. Question : une femme réelle, victime de ce crime, parlerait-elle de sa blessure comme « sourire » ?

L’insistance répétitive sur le « sourire » (trois fois) de la part du personnage (de l’auteur), comment l’interpréter ? Est-ce là une obsession du personnage qui parle, ou de l’auteur qui lui prête ce mot ?

Quand à l’auteur du roman, sa métaphore n’est-elle pas incongrue ? Révèle-t-elle une compréhension emphatique du personnage (et du prototype réel) ou un sadique mépris pour elle ?… Il est vrai qu’un tueur, qui a mal tranché une gorge, aurait l’impudence de la comparer à un « sourire ». Mais si un auteur de roman, - dont le personnage incarné n’est pas ce tueur, mais la victime de son crime -, compare une cicatrice de tueur à un sourire, que penser de la nature de son imagination, de son psychisme ? Notamment, après sa condamnation par un tribunal pour violence contre son ex-épouse1.

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« Ce sourire, illimité, large, presque dix-sept centimètres, n’a pas bougé depuis plus de vingt ans. »

Considérons la précision « dix-sept centimètres » : qui a vu un sourire de cette dimension ?… À moins de confondre avec un fait réel : une cicatrice d’égorgement. Ce mélange est-il adéquat, surtout quand il se réfère à une personne réelle ?

Veut-on lire dans quel style un vrai auteur emploie « sourire » et « canif » ?… « J’ai voulu rire comme les autres ; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J’ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. » (Les Chants de Maldoror, Chant IV).

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« Il faut s’habituer à mon souffle qui semble toujours être le dernier,... »

Le verbe « semble » ne dispense-t-il pas de « être », pour éviter la lourdeur ? Les « qui » et « être », ne devrait-on pas les éviter en faveur d’une fluidité ? Par exemple : « Il faut s’habituer à mon souffle, en apparence le dernier ».

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« S’accrocher à mes yeux à la couleur rare... ».

Les hiatus en « a » perturbent la fluidité et la musicalité de la phrase. Ne convient-il pas mieux : « S’accrocher à l’exceptionnelle couleur de mes yeux » ?

Dans « or et vert, comme le paradis » : où est la créativité ou l’originalité de l’image ? N’est-on pas en présence de banalité ?

Dans « couleur rare, or et vert », les hiatus en « r » sont-ils utiles ? Ne vaut-il pas mieux : « couleur inhabituelle » ou « unique » ? Ou, encore, au lieu de « couleur », « teinte » ?

L’emploi de « comme » ne rend-il pas le texte plat et prévisible ? Ne doit-on pas corriger avec une image plus visuelle, directe ? Par exemple : « Mes yeux, couleur inhabituelle : l’or et le vert du paradis », ou « Dans mes yeux, l’or et le vert du paradis ».

*

Répétition quatre fois de « presque ». Ne vaut-il pas mieux substituer le second par « Tu pourrais croire » ou « Tu croirais », le troisième par « environ », le dernier par « quasi » ?

*

« Parlons, puisque l’occasion est inédite. Car, oui, tu es l’événement que je n’ai jamais imaginé. »

En deux courtes phrases, le texte emploie « puisque », « car », « que » : depuis Flaubert, au moins, l’écrivain n’utilise pas ces conjonctions, considérées lourdes parasitaires, encore moins si elles sont tellement rapprochées. Comparez avec : « Oui, tu es l’événement inimaginable ».

L’assonance en « p » : « Parlons, puisque... » n’est-elle pas lourde, au détriment de la fluidité ? Comparons avec cette version : « Parlons, l’occasion est inédite. Oui, tu es l’événement inimaginable. »

*

« Parlons, puisque l’occasion est inédite. »

Cette répétition, quelques lignes plus loin, est-elle nécessaire ?

*

« Il est un peu plus bas que le bas de mon visage et étire mes mots, mes phrases. »

Un verbe plus réaliste et visuel n’est-il pas « déforme », « distend » ?

Comme style, dans « et » suivi de « étiré », l’assonance n’est-elle pas désagréable à l’oreille, choquante pour la musicalité ?

Dans « plus bas que le bas » : n’est-ce pas une redondance maladroite si l’on recherche l’élégance et le raffinement de l’expression ? Alternative : « un peu au-dessous de mon visage », « à peine plus bas que mon visage ». Ces expressions ne sont-elles pas plus descriptives et évocatrices ?

*

« Si je me retiens, je devrai t’ôter la vie sans cérémonie,... »

Les associations « devrai t’ôter » (« rai » et « t’ôter ») puis « t’ôter » ne manquent-elles pas de fluidité et d’élégance ? «  ôter » n’est-il pas un verbe désuet ?  Alternative : « Si je me retiens, je devrai te priver » ou « je devrai supprimer ta… »

*

« Il m’arrive du ciel, sur la tête, avec la précision d’une météorite sur le crâne d’un prophète affligé ».

Répétition de « sur ». On l’évite et même rend la sonorité de la métaphore plus percutante : « météorite fracassant le crâne d’un prophète », par imitation du fameux « Pour qui siffle ces serpents qui sifflent sur nos têtes ». Mieux encore : on peut accentuer l’effet sonore en remplaçant « affligé » par « terrassé » ou « terrorisé » : dans ce cas, la répétition de l’assonance en « r », devient plus frappante.

Examen de l’examen

Considérons les objections éventuelles. Les remarques ci-dessus :

- semblent négatives. Ne fournissent-elles pas des alternatives positives d’amélioration du texte ?

- critiquent les assonances. Elles peuvent enrichir un texte, en cas de non distraction du lecteur par un abus : un exemple est fourni avec les « r » au sujet d’une météorite.

- présentent une vision trop rigide de ce qu’est une « bonne » littérature. Un auteur est libre de son choix stylistique, s’il « viole » les règles de manière plaisante, originale et convaincante : est-ce le cas du texte examiné ?

- interprètent la métaphore du « sourire » de manière littérale. L’alternative de Lautréamont est citée : comparez les deux procédés et concluez sur le talent littéraire, sans oublier que Les Chants de Maldoror sont une vraie fiction, bien entendu inspirée de faits réels, non pris d’un secret médical2.

- ne considèrent pas l’ensemble du roman. Les intéressés à ce dernier peuvent le lire et vérifier la pertinence ou non de l’analyse de la première page.

- ignorent que l’examen de la forme littéraire peut occulter l’importance du contenu. L’analyse de la première page en tient compte par sa mise en relation avec le drame du personnage, dont le prototype réel vient de se déclarer publiquement.

on a découvert, désormais, le prototype réel. Quant à l’intention de l’auteur, elle se trouve dans ses multiples écrits journalistiques et déclarations télévisées, inutiles à mentionner ici.

- ignorent que l’examen de la forme littéraire peut occulter l’importance des intentions de l’auteur. Je n’ai pas trouvé ses déclarations à propos du style littéraire du roman.

Conclusion. À vous de juger si la première page du roman constitue une vraie littérature, marquée par l’originalité et la maîtrise formelle. Alors, vous trouverez une clarification : le motif qui décida la maison d’édition Gallimard à publier cet ouvrage, et les membres du Goncourt à l’honorer de leur récompense.

1 « la Cour d’Oran rappelle que le 5 février 2016, « S’est présentée la plaignante E. E. H. Nadjet devant les services de la Sûreté urbaine d’Oran pour déposer plainte contre DAOUD Kamel, et déclare qu’elle a subi des coups et blessures de sa part, étant donné qu’elle est divorcée de lui depuis 2016 et qu’elle a reçu un certificat d’incapacité de travail à cause des coups qu’elle a subi par un bâton en bois ». Le 18 juin 2018 en première instance, le mari violent a été condamné à une année de prison avec sursis et 20 000 dinars d’amende. Après deux appels Daoud voit disparaitre sa peine de prison, mais « l’amende pécuniaire » est maintenue, « Les dépens étant à la charge de l’inculpé d’un montant de 1800 DA au profit de l’état et fixe au maximum la durée de la contrainte par corps ». https://www.legrandsoir.info/quand-kamel-daoud-ami-de-macron-battait-son-ex-femme.html

Publié in

https://www.algeriepatriotique.com/2024/11/22/du-talent-litteraire-dans-houris-de-lecrivain-controverse-kamal-daoud/

22 novembre 2024

2 Sur ce point, une justice indépendante devra statuer.

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #NOUVELLE-ROMAN

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Publié le 17 Novembre 2024

COMMUNIQUE DE PRESSE

22 octobre 2024

Éditions Dar al Quods al Arabi a le plaisir de vous informer de la sortie de l’ouvrage :

THÉÂTRE : BEAUTÉ  VÉRITÉ BONTÉ - Kaddour Naimi

Kaddour Naïmi : Fondateur-Directeur du Théâtre de la Mer à Oran 1968-1972, de Maldoror Film Production & École Cinéma-Théâtre à Rome 1986-2009.

Ouvrage : Destiné aux professionnels, étudiants et amateurs, un manuel pratique de dramaturgie, d’interprétation et de mise en scène, complété par des éclaircissements théoriques basés sur des éléments inter-dépendants : Beauté (esthétique), Vérité et Bonté (éthique). La production théâtrale, en Algérie puis dans plusieurs pays, de 1968 à aujourd’hui, est examinée en considérant la personnalité de l’artiste dans le cadre d’une époque.

Pour

Rencontres de présentation et dédicace ou Réception du livre

contacter

Éditions Dar al Quods al Arabi : 0556023007062 - quds101arabi@gmail.com

ou l’auteur : 0559 85 43 80 - contact@kadour-naimi.com

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #THÉÂTRE

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Publié le 17 Novembre 2024

Remercions les ennemis !

En matière de liberté d’expression, voici quelques réflexions issues d’un travail de questionnement.

Histoire antique

Dans l’Athènes ancienne, un philosophe d’âge avancé, à la fin d’une discussion avec un jeune interlocuteur, admit son erreur et remercia. L’adolescent s’étonna :

- Si j’avais eu raison, expliqua le vieillard, c’est vous qui auriez appris. Vu que c’est moi qui eus tort, j’ai gagné quelque chose de vous, d’où ma reconnaissance.

À la manière de Xun Tzé

Si l’on connaît correctement nos idées justes, mais ignorons celles erronées, nous ne vaincrons pas la bataille culturelle. Si l’on connaît les idées erronées de l’adversaire, mais ignorons celles éventuellement justes, nous ne vaincrons pas la bataille culturelle.

Qui nous montre nos erreurs ?… Notre Ego ?… Pas certain. Nos amis ?… Pas toujours. Nos flatteurs ?… Jamais.

Restent nos adversaires : plus ils nous détestent, plus ils cherchent où se trouvent nos erreurs, et nous les jettent à la figure, parfois manipulées, tronquées pour laisser croire à leur stupidité ; si cela ne suffit pas, on ajoute la diffamation volontaire.

Cette dernière nous indique le degré de haine de nos adversaires. Utile à savoir. Répondre de la même manière, serait aboyer devant un chien qui aboie.

L’utile est l’argumentation des ennemis. S’ils détectent et dénoncent chez nous des idées ou comportements erronés, ils nous montrent nos carences, nous apprennent à les corriger.

Raisonnement médical

Ce n’est pas en ignorant les microbes dans le corps que le médecin parvient à l’en débarrasser ; il doit les découvrir, sans haine : ce sentiment affaiblit ou annihile le raisonnement. Alors, en toute objectivité, le praticien trouve la méthode pour éliminer les intrus et redonner la santé au malade.

Considération sociale

Interdire l’expression d’un opposant intellectuel, c’est reconnaître l’incapacité de ses pairs à démontrer l’erreur du premier mentionné et son intention nuisible. Cette incapacité permet aux citoyens de connaissance limitée d’intervenir : les uns vantent l’importance de cet intellectuel opposé, les autres insultent son infamie. Les deux aggravent le problème.

S’il est relativement aisé de révéler l’erreur de l’adversaire, comment découvrir l’intention nuisible ?… Suivez l’argent, et, avec lui, la glorification médiatique.

Qui fournit le premier et assure la seconde ?… On le sait : les idées et les actes dominants sont ceux de la classe dominante. L’un des moyens d’exister : ses chiens de garde.

Ceci dit, une nuance d’importance : il est difficile de détecter les intentions destructrices de celui qui se proclame l’ « ami », le « défenseur » du peuple, de la démocratie, de la liberté, de la libération des femmes, de la « laïcité », etc. « Dieu, sauve-moi de mes amis ; de mes ennemis, je m’en charge. »

Il est plus facile de savoir qui est le vrai adversaire : il se déclare comme tel. Infiniment plus difficile reconnaître le tartuffe, le mercenaire : il se présente tout souriant, auréolé d’intellectualité, d’ « opposition » héroïque, photographié en star hollywoodienne, cravaté sinon avec une chemise blanche ou une longue écharpe au cou, parfois des lunettes même s’il n’est pas myope, partout interviewé dans les médias les plus diffusés, chaque fois primé dans les institutions les plus réputées. Et le troupeau ignorant ou semi-lettré applaudit, affronte la file pour acheter le produit bien marketisé, en croyant acheter de la culture.

Constater est insuffisant : il faut proposer des solutions. La première est la constitution ou le renforcement de réseaux entre les vraies consciences libres, unies par la recherche de la vraie vérité en cette époque de manipulation goeblesienne, en liaison avec les peuples, pour neutraliser la barbarie génocidaire costumée et cravatée.

La seconde solution : créer des comités citoyens de base dans les quartiers, afin de compléter les contacts virtuels par des relations concrètes.

Conclusion

Ne devons-nous pas remercier toute personne qui, par égotisme médiatique et sa conséquence, la félonie mercantile, nous aide à découvrir nos faiblesses, à détecter le vrai ami et le réel ennemi du peuple, de la démocratie, des droits humains, de la liberté ? N’est-ce pas au soleil de la vérité, quel que soit son goût amer, que s’éliminent les Frankenstein et leurs laquais bien récompensés, qui se gorgent de la sueur et du sang des opprimés ?

*

Publié in

https://www.algeriepatriotique.com/2024/11/13/remercions-les-ennemis/

13 novembre 2024

https://tribune-diplomatique-internationale.com/2024/kaddour-naimi/

13 novembre 2024

https://reseauinternational.net/remercions-les-ennemis/

14 novembre 2024

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE

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Publié le 28 Juillet 2024

Problèmes culturels dans l’Algérie « Nouvelle »

En Algérie, les plus clairvoyants constatent l’effarante régression culturelle. Mais se trompent, par ignorance ou par opportunisme, celle ou celui qui en voit la cause uniquement dans l’influence cléricale obscurantiste. Une autre cause, tout aussi grave, plus insidieuse se présente dans les meilleures apparences et intentions : elle s’autoproclame « progressiste », « démocrate », « éclairée », « cultivée », « moderne » et autres adjectifs d’auto-célébration tels le recours aux termes « Icône », « Monument », « immense », etc.

Un journaliste demanda à un philosophe : « Alors ! À votre âge si avancé, je suppose que vous avez tout lu, et qu’il ne vous reste qu’à relire. » - « Détrompez-vous, jeune homme. À présent, j’ai compris que ce que je dois lire est nettement plus vaste par rapport à ce que j’ai lu. »

Enquête

Le pire ignorant est celui qui ignore son ignorance. Alors, aux intellectuels algériens les plus médiatisés, quelque soit la langue qu’ils pratiquent, demandez (liste non exhaustive) quelles sont les caractéristiques et différences fondamentales, dans leur domaine de compétence déclarée :

- aux historiens : entre Sima Qian (司马迁) (Shiji 史记 - Les Mémoires historiques), Thucydide (La Guerre du Péloponnèse), Salluste (La guerre de Jugurtha), Edward Gibbon (Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain), James Guillaume (L'Internationale : Documents et Souvenirs). En particulier, demandez-leur ce qui s’est passé en mars 1921 à Kronstadt et ce que fut la Makhnovtchina1 ? Demandez-leur qu’elle est l’unique vraie révolution du XXème siècle2, ce que fut l’autogestion algérienne et les motifs de son élimination3, les différences entre la guerre de libération nationale vietnamienne et celle algérienne4.

- aux philosophes : entre Épicure, Lao Tseu, les Védas, Bouddha, Ibn Roch, Hegel, Feuerbach, Heidegger.

- aux psychologues ou psychiatres : entre Freud, Jung, Carl Rogers.

- aux sociologues : entre Ibn Khaldoun, Auguste Comte, Émile Durkheim, Max Weber, George Herbert Mead, Pierre Bourdieu, pour ne pas citer des sociologues chinois, tels Guanxi Wu (The Paradox of Modernity : A Sociological Study of the Chinese Experience, 2012).

- aux anthropologues : entre la conception de Darwin (Origine des espèces) et celle de Kropotkine (L'Entraide : Un facteur de l'évolution).

- aux pédagogues : entre Rousseau (L’Émile), Anton Makarenko, Francisco Ferrer (La théorie et la pratique de l'éducation libertaire), Maria Montessori (L'Enfant), Jean Piaget, Paulo Freire (Pédagogie des opprimés).

- aux dirigeants politiques : entre Platon (La République), les légalistes chinois antiques, Machiavel (Le Prince), Étienne de la Boétie (Traité de la servitude volontaire), Thomas Hobbes (Leviathan), Adam Smith (La richesse des nations), Karl Marx, Proudhon, Bakounine, Errico Malatesta, Malek Bennabi (Les Conditions de la Renaissance), la différence entre mandat représentatif et mandat impératif, entre démocratie et autogestion.

- aux spécialistes en théologie musulmane : entre les deux frères Gamal Albanna, l’un des plus importants chercheurs musulmans égyptiens de l'Islam, et son frère Hassan Albanna, fondateur de l'organisation des « Frères Musulmans ».

- aux linguistes : comment les langues européennes, ouzbèke, vietnamienne et d’autres sont devenues des langues à part entière, et pourquoi pas la langue parlée algérienne5. Pourquoi la plupart des représentants de l’« élite » intellectuelle mélangent le français et l’arabe ou le tamazight en un charabia ridicule ; ce qu’ils savent de la langue la plus parlée au monde et dotée de la plus longue histoire : le chinois ; pourquoi ils maîtrisent mal leur langue de formation scolaire, ignorent généralement d’autres langues, s’expriment souvent comme décrit par Molière :

« Ce style figuré dont on fait vanité

Sort du bon naturel et de la vérité :

Ce n’est que jeu de mots, qu’affectation pure,

Et ce n’est point ainsi que parle la nature6. »

- aux écrivains : entre Gilgamesh, l’Iliade ou l’Odyssée, La Guerre des Trois Royaumes, le Mahabaratha, Le Dit du Guengi, Les Mille et Une Nuits, La Divina Commedia, Gargantua, Le Decameron, Les Aventures de Simplicius Simplicissimus (Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen), Paradise Lost (John Milton), Les Chants de Maldoror, Le journal d’une femme de chambre (Octave Mirbeau), Les raisins de la colère (John Steinbeck), L'Immeuble Yacoubian - العمارة يعقوبيان (Naguib Mahfouz).

- aux poètes : entre la poésie de Li Bai, Du Fu, Wang Wei, Saphô, Abu Nouas, Pétrarque, Basho, Pietro Aretino, Hölderlin.

- aux littérateurs : entre La Poétique (Aristote), L’Art Poétique (Horace), L’Art Poétique (Boileau), Essai sur la simplicité (Hume), Fontanier (Figures du style), entre la rhétorique de Démosthène et celle de Cicéron.

- aux journalistes et reporters : entre Albert Londres (Au bagne ; Terre d’ébène), Tiziano Terzani (La Porta proibia – La porte interdite), David Hauberstam (The Best and The Brightest - Les meilleurs et les plus brillants).

- aux critiques artistiques : entre les articles de Baudelaire et ceux d’Octave Mirbeau.

- aux critiques littéraires : entre Vissarion Belinski, Mikhaïl Bakhtine et Michel Foucault.

- aux critiques de théâtre : entre Jan Kott (Shakespeare, notre contemporain) et Georges Banu.

- aux critiques de cinéma : entre ceux des « Cahiers du Cinéma » et Michel Ciment.

- aux professionnels de théâtre : entre les théâtres grec ancien, chinois classique, japonais classique, anglais élisabéthain, français classique ; entre effet de catharsis et effet de distanciation, entre les méthodes d’interprétation de Stanislavski, Antonin Arthaud (Le Théâtre et son double), Grotowski, l’Actor’s Studio, Mei Lanfang (梅兰芳 ). Demandez-leur même la définition exacte de la halga dans le théâtre algérien, qui l’a utilisée pour la première fois et comment.

- aux professionnels de cinéma : entre les films fiction Le Dernier Homme (Murnau), l’Île nue (Kaneto Shindo), The Salt of The Earth (Biberman), Le voleur de bicyclette (De Sica), Mother India (Mahbood), Terra Em Transe (Glauber Rocha), Maynila : Sa mga Kuko ng Liwanag (Manille : Dans les griffes de la lumière (Lino Brocka), Barry Lyndon (Stanley Kubrick), Le Destin - AlMassir (Youssef Chahine).

- aux documentaristes : entre Les statues meurent aussi (Alain Rainais-Chris Marker), La Hora de Los Hornos - L’heure des brasiers (Fernando Solanas), Koyanisqatsi (Godfroy Reggio).

La « mère » des questions

De toutes ces questions découle la mère des questions : si le peuple algérien ne lit pas, si les structures officielles de connaissances culturelles sont défaillantes, les « élites » algériennes (docteurs universitaires, enseignants, responsables administratifs culturels, auteurs, critiques) lisent-elles suffisamment pour mériter l’adjectif « éclairées » ? Il ne s’agit pas de posséder une « tête bien pleine » mais « bien faite », pas d’étalage à la manière des Précieuses ridicules, mais de connaissance indispensable à l’exemple d’un scientifique dans son domaine de compétence.

Sans doute, des personnalités algériennes réellement cultivées et éclairées existent, mais sont ostracisées par les médias dans un exil intérieur ou extérieur, et même parfois diffamées par les harkis de service avec l’accusation de « tourner le dos à l’Algérie ». Les médias préfèrent le beni-oui-ouisme opportuniste, le clanisme et le copinage : tous charlatanesques, ils pataugent dans une médiocrité d’autant plus arrogante qu’ignorante (« al machkour mag’our » - Celui qui est vanté a des trous, observe le peuple), photocopie des bachaghas, caïds et « suppléants » de l’époque coloniale.

En outre, les personnalités, qui méritent le nom d’élite, à l’intérieur comme à l’étranger, se révèlent jusqu’à présent incapables ou non intéressées par la création d’un réseau solidaire de production et d’échange, ne serait-ce qu’une revue électronique (en arabe classique, tamazight, français, arabe algérien) ou un site web d’ouvrages lus dans ces langues (notamment pratique pour l’arabe algérien et le tamazight). J’y ai songé mais « lîd wahda mâ tsafàg » (une seule main ne peut pas applaudir).

Voici pourquoi, en Algérie, on constate de ridicules tempêtes dans un verre d’eau polluée, sur des réseaux sociaux destinés plus à « divertir » (au sens : dévier l’attention de l’essentiel), mais jamais de débat sérieux qui porte à des améliorations réelles.

Source du mal

Alors, demanderait-on, quelle est la cause première de cette alarmante situation culturelle et intellectuelle ?

Pour le savoir, il faut connaître la vérité historique sur au moins deux points : 1) les événements survenus en Algérie depuis la Plateforme de la Soummam de 19567 ; 2) le parti politique qui, après l’indépendance, pratiqua un « soutien critique » à la dictature qui s’empara du pouvoir par la force en 1962. Ce parti et cette dictature, pour exister, pratiquaient une mentalité stalinienne, autrement dit exigeaient non pas une vraie élite (par définition libre, donc critique), mais une caste (issâba) intellectuelle et culturelle, par nature servile, par conséquent d’une médiocrité absolue8.

En Algérie, jusqu’à aujourd’hui, en 2024, ce sont les résidus de cette même caste qui, en général, décident, dans le domaine culturel, quelle personne accède aux médias et bénéficie de largesses financières.

Se libérer de la caverne culturelle et intellectuelle, caractérisée par l’arrogance de l’ignorance, exige non seulement de s’émanciper de l’obscurantisme clérical mais, tout autant, de l’obscurantisme laïc, ces deux formes de domination sur les esprits soucieux de connaissance, condition de bien-être social.

La personne qui se plaint de la médiocrité des enseignants, du manque de livres et de librairies, pourquoi ne compte-t-elle pas sur elle-même pour parfaire ses connaissances ? Des livres très utiles sont disponibles sur internet et gratuitement. Il faut juste posséder la volonté et la patience de (bien) chercher, d’apprendre une langue (si nécessaire), de (bien) lire, de prendre (correctement) des notes.

L’entreprise salvatrice de la culture en Algérie est difficile, beaucoup moins que celle affrontée par le groupe de patriotes qui assuma l’initiative de libérer l’Algérie de la domination coloniale. Ils sont l’exemple non pas seulement à honorer, mais l’inspiration pour l’action. Et si on ne réussit pas à hisser l’Algérie au niveau culturel convenable, tout au moins, nous sèmerons des graines pour une récolte par les générations futures.

4 Thème de la pièce collective, sous ma direction, du Théâtre de la Mer : La Fourmi et l’Éléphant (1971).

5 Voir mon essai DÉFENSE DES LANGUES POPULAIRES : Le cas algérien.

6 Les Femmes savantes, acte II, scène 7.

7 En 1959, pendant la guerre de libération nationale, le colonel Lotfi écrivit à Ferhat Abbas, président du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) : « Notre Algérie va échouer entre les mains des colonels, autant dire des analphabètes. J’ai observé chez un grand nombre d’entre eux une tendance aux méthodes fascistes. Ils rêvent tous d’être des Sultans au pouvoir absolu. Derrière leurs querelles, j’aperçois un grave danger pour l’Algérie indépendante. Ils n’ont aucune notion de la démocratie, de la liberté et de l’égalité entre citoyens. Ils conserveront du commandement qu’ils exercent le goût du pouvoir et de l’autoritarisme. Que deviendra l’Algérie entre les mains de pareils individus ? Il faut que tu [Ferhat Abbas] fasses quelque chose pendant qu’il est encore temps…», http://kabyleuniversel.com/2012/12/18/le-fils-du-general-de-gaullela-france-a-mine-lalgerie-par-ses-elements-du-malg/, publié en décembre 18, 2012, vu le 7.12.2016.

Durant son retour de mission en Tunisie pour reprendre la lutte armée en Algérie, le colonel Lotfi tomba dans une embuscade de l’armée coloniale, et mourut en combattant : simple hasard ?

8Le même régime eut lieu en Russie, dont la dictature en Algérie et le parti politique en question s’inspirèrent, chacun selon son idéologie spécifique : avec l’avènement du bolchevisme léniniste-trotskiste, la culture et le niveau intellectuel, auparavant florissants malgré la dictature tsariste, devinrent un béni-oui-ouisme, donc médiocre, tandis que les esprits libres, compétents et réellement au service du peuple, furent réduits au silence ou à l’exil, pour éviter la répression. Maiakovsky se suicida (ou fut « suicidé »).

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Publié in

https://tribune-diplomatique-internationale.com/2024/problemes-culturels-dans-lalgerie-nouvelle/

24 juillet 204

https://www.algeriepatriotique.com/2024/07/25/problemes-culturels-dans-lalgerie-nouvelle/

25 juillet 2024

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE

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Publié le 24 Juillet 2024

La (méconnue) plus importante révolution du XXème siècle

Dans une précédente contribution1, j’ai présenté une première réelle révolution. Par ce mot, j’entends un changement social radical ; il élimine la base fondamentale du système social, à savoir l’exploitation économique, assurée par une domination politique.

À présent, voici une autre authentique révolution sociale. L’auteur qui en parle, Gaston Leval2, y a participé personnellement comme militant libertaire. Il en a tiré un livre, en même temps témoignage, communication des faits et analyse concrète : Espagne libertaire : 1936 – 19393.

Encore une fois, il s’agit d’histoire racontée par un vaincu, donc une contre-histoire, plus exactement la vraie et réelle histoire. Car la fausse histoire domine, non pas uniquement celle des fascistes et des bourgeois, mais tout autant celle des marxistes. C’est que la mentalité autoritaire, malheureusement, prime encore dans ce monde, apparemment partisan de liberté citoyenne. Ah ! La tromperie manipulatoire des mots !

Gaston Leval déclare qu’il avait conscience que cette révolution sociale ne pouvait pas réussir à cause de l’existence de deux adversaires qui la combattaient impitoyablement : d’une part, l’armée fasciste du général Franco ; d’autre part, les agents et les militaires du parti "communiste" espagnol, inféodé aux ordres de Staline.

Ce dernier, en bolchevique doc4, ne pouvait tolérer la victoire d’une révolution sociale qui n’avait aucun besoin du schéma marxiste-léniniste de conquête du pouvoir (« Chef Génial Infaillible », Parti-dominateur, « révolutionnaires professionnels » décideurs). Au contraire, la révolution sociale espagnole pratiquait la conception autogestionnaire. Elle reprenait l’idéal et les méthodes révolutionnaires des soviets russes et ukrainiens authentiques. Lesquels furent éliminés par l’armée « rouge », commandée par Trotski, sous la direction du Parti-État dirigé par Lénine5.

Gaston Leval se chargea du travail d’enquête personnel sur le terrain, dans plusieurs régions d’Espagne. Il constatait puis rendait compte des actions et réalisations de cette révolution sociale. Elle avait la particularité d’avoir été déclenchée et d’exister, pendant trois années, par les travailleurs-euses exploité-es des villes et des campagnes, aidés par des intellectuels libertaires, sans « chefs » ni parti politique dominateurs, où la démocratie populaire était appliquée de manière totale, libre et solidaire.

Commençons par connaître de quoi il s’agit et de l’importance de l’événement.

"Voici les faits : une révolution sociale incomparablement plus profonde que toutes celles qui l’ont précédée a eu lieu dans un pays dont on a beaucoup parlé durant les années 1936-1939 : l’Espagne. Une révolution qui a atteint les buts théoriquement préconisés par Marx et Engels quand ils sont allés au plus loin de leurs prévisions d’avenir, par Proudhon et par Bakounine, ainsi que par l’école kropotkinienne de l’anarchisme socialiste ; et cela en moins de trois ans, alors que, après un demi-siècle, la révolution russe qui, au début, se réclamait du même idéal, en est plus éloignée que jamais. A côté de ce fait historique transcendant dans l’histoire de l’humanité, la Commune de Paris, qui a suscité tant d’intérêt, tant d’écrits, d’études et d’essais, apparaît comme un événement mineur. Car, sur une très large échelle, la révolution espagnole a réalisé le communisme libertaire.

On peut approuver ou désapprouver cet idéal : on ne peut ignorer l’application qui en a été faite en même temps que les forces antifranquistes et l’armée républicaine luttaient péniblement contre l’attaque depuis longtemps préparée par la caste militaire, les grands propriétaires terriens et le vieux conservatisme, et par une église traditionnellement réactionnaire, digne héritière du duc d’Albe et de Torquemada." (préface de la première publication, 1971).

L’ouvrage de Gaston Leval est une démonstration concrète, preuves à l’appui, de cette affirmation de l’auteur :

"Une des caractéristiques dominantes qui s'impose à celui qui étudie la Révolution espagnole, est sa multiformité. Cette révolution a été guidée selon certains principes très nets et très précis, qui impliquaient l'expropriation générale des détenteurs de la richesse sociale, la prise en main par les travailleurs des structures organisationnelles de la production et de la distribution, l'administration directe des services publics, l'établissement de la justice économique par l'application du principe communiste libertaire. Mais l'uniformité de ces principes n'empêcha pas la diversité des méthodes d'application, si bien que l'on peut parler de «diversité dans l'unité» et d'un fédéralisme étonnamment varié."

Encore une fois, les intellectuels même les plus avertis, même les plus engagés sur le plan révolutionnaires n’ont pas été les créateurs et initiateurs de ce qui fit l’originalité de la révolution sociale espagnole. Les exploité-es russes avaient inventé les soviets6 ; ceux et celles d’Espagne inventèrent, à leur tour, une autre forme d’organisation.

Gaston Leval écrit : "Très vite dans les régions agraires, particulièrement en Aragon, est apparu un organisme nouveau : la Collectivité. Personne n'en avait parlé avant. Les trois instruments de reconstruction sociale prévus par ceux des libertaires qui s'étaient avancés quant aux prévisions de l'avenir étaient d'abord le Syndicat, puis la coopérative qui ne ralliait pas beaucoup de partisans, enfin, sur une assez large échelle, la commune, ou organisation communale. Certains pressentaient - et l'auteur fut de ceux-là - qu'un organisme nouveau et complémentaire pourrait, et devrait apparaître, particulièrement dans les campagnes, le Syndicat n'y ayant pas acquis l'importance qu'il avait dans les villes, et le genre de vie, de travail et de production ne s'accommodant pas d'un monolithisme organique contraire à la multiformité de la vie."

Ainsi est née la "colectividad" (collectivité, communauté). L’auteur présente le long de son livre les faits concrets qui illustrent ce qu’il écrit ci-dessous :

"(…) cette Collectivité est née, avec ses caractéristiques propres. Elle n'est pas le Syndicat, car elle englobe tous ceux qui veulent s'intégrer à elle, qu'ils soient producteurs au sens économique et classique du mot, ou non. Puis elle les réunit sur le plan humain, intégral de l'individu, et non pas seulement sur celui du métier. En son sein, et dès le premier moment, les droits et les devoirs sont les mêmes pour tous ; il n'y a plus de catégories professionnelles s'opposant les unes aux autres, et faisant des producteurs des privilégiés de la consommation par rapport à ceux qui, telle la femme au foyer, ne produisent pas, toujours au sens économique et classique du mot.

La Collectivité, n'est pas non plus le Conseil municipal, ou ce qu'on appelle la Commune, le municipe. Car elle se sépare des traditions des partis sur lesquels la commune est habituellement construite. Elle englobe à la fois le Syndicat, et les fonctions municipales. Elle englobe tout. Chacune des activités est organisée en son sein, et toute la population prend part à sa direction, qu'il s'agisse de l'orientation de l'agriculture, de la création d'industries nouvelles, de la solidarité sociale, de l'assistance médicale, ou de l'instruction publique. Dans cette activité d'ensemble, la Collectivité élève chacun à la connaissance de la vie totale, et tous à la pratique d'une compréhension mutuelle indispensable."

Se présente, alors, la question : Et la liberté individuelle ? Comment se conciliait-elle avec la solidarité collective ?

Voici comment étaient réalisées, de manière complémentaires, les exigences de liberté et de solidarité, ou, si l’on veut, le principe de liberté solidaire :

« la loi générale a été l'universelle solidarité. Nous avons souligné, en passant, que les Chartes ou règlements où l'on définissait les principes d'où découlaient les comportements pratiques de chacun et de tous ne contenaient rien se référant aux droits et la liberté de l'individu. Non que les Collectivités aient ignoré ces droits, mais simplement parce que le respect de ces droits allait de soi, et qu'ils étaient déjà reconnus dans le niveau de vie assuré à tous, dans l'accès aux biens de consommation, au bonheur et à la culture, aux soins, aux considérations et aux responsabilités humaines dont chacun, parce que membre de la Collectivité, était assuré. On le savait, à quoi bon le mentionner ? En échange, pour que cela fût possible, il fallait que chacun accomplisse son devoir, fasse son travail comme les autres camarades, se comporte solidairement selon la morale d'entraide générale."

Toutes les réalisations décrites ont été concrétisées, soulignons-le, en pleine guerre !… En effet, les autogestionnaires de la Collectivité, d’une part, édifiaient la société nouvelle, libre et solidaire, éliminant toute forme d’exploitation économique et de domination politique ; d’autre part, et en même temps, les membres des Collectivités étaient contraints de se défendre, de combattre, armes à la main contre l’armée fasciste de Franco, et, parfois, également, contre les militaires staliniens.

Ajoutons un fait.

Les autogestionnaires étaient majoritairement des civils, disposaient de très peu, de trop peu d’armes et de moyens matériels, et recevait l’aide d’une minorité d’internationalistes libertaires, la plupart des civils.

Au contraire, les fascistes et les staliniens étaient des militaires expérimentés, disposaient d’un puissant matériel de guerre, et recevaient une consistante aide extérieure : pour les franquistes, armes et soldats de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie (et même, de cette dernière, des bombardements de l’aviation hitlérienne sur des populations civiles, comme à Guernica) ; pour les staliniens, le même genre d’aide de la Russie stalinienne.

Concernant les méfaits commis par les staliniens, l’auteur témoigne :

"C'est à Graus que j'ai vu, pour ainsi dire proclamée sur les façades, dans toutes les rues, et avec le plus d'éclat, et d'intensité, la joie de l'effort et de l'ordre nouveau. Tous les lieux de travail, tous les ateliers, les dépôts, les magasins de marchandises, portaient sur leur façade des panneaux de bois aux couleurs rouge et noire, de dimensions diverses, sur, lesquels on lisait, selon leur ordre de classement, dans l'appareil collectif de production : Lingerie, comunal N° 1, comunal N° 2 ; Menuiserie, Comunal N° 3, Comunal N° 4, Comunal N° 5 ; Collectivité des tailleurs N° 1, N° 2, N° 3, N° 4 ; Collectivité des boulangers, des charrons, des savetiers, etc. C'était un hymne, une proclamation de tous et de chacun, une explosion de confiance et de bonheur. Tout cela fut détruit par la brigade du général stalinien Lister et par Franco."

Il ne faut pas perdre de vue cette extrêmement difficile situation. Et, pourtant, pendant ces trois années d’existence, les réalisations des Collectivités ont été positives et concrètes. Elles ont permis d’assurer correctement la production agricole et industrielle, les transports, l’instruction des enfants et des adultes, les soins, l’amélioration des logements, l’aide efficace aux vieillards, les services publics tels transport, fourniture d’électricité, d’eau, bref tout ce qui concerne les besoins sociaux. Et tout cela sans aucune contrainte, en comptant uniquement sur leurs propres forces matérielles et morales. De manière consensuelle.

Qui dit mieux ? Quel mouvement social, dans le monde entier, a eu ces caractéristiques ?… Ni la Commune de Paris (1871), ni les soviets russes et ukrainiens (1917-1921).

Mais, dirait-on, pourquoi la « révolution » bolchevique est plus connue ? Pourquoi le franquisme est plus connu ? Pourquoi la Commune de Paris est plus connue ? Et la révolution des collectivités espagnoles est nettement ignorée ?…

Facile à comprendre.

Les trois premiers événements cités ont eut l’attention aussi bien des historiens bourgeois que marxistes-léninistes-trotskystes-staliniens. La Commune de Paris et la « révolution » bolchevique, notamment, parce que la première fut présentée par Marx comme exemple de « dictature du prolétariat » ; la seconde, parce que les vainqueurs-profiteurs en furent les marxistes-léninistes-trotskystes-staliniens.

Par contre, les seuls capables de relater correctement une révolution, inspirée et animée par les idées libertaires, autrement dit autogestionnaires, sont les … libertaires. Or, ils sont une minorité dans le monde, y compris de l’information ; et leurs moyens sont très limités : ils ne disposent ni de l’argent du capitalisme privé, ni de celui du capitalisme étatique.

Arrivons à la question la plus importante : est-ce que la révolution sociale en Espagne est désormais de l’histoire passée, dans le sens de dépassée, aujourd’hui inutile, impraticable ?

Voici d’abord un argument général, fondamental.

"Consignons à ce sujet7 une observation à laquelle nous attachons une grande importance philosophique et pratique. Les théoriciens et les partisans de l'économie libérale affirment que la concurrence stimule l'initiative, et par conséquent l'esprit créateur et l'invention qui, sans cela demeurent en sommeil. Les nombreuses observations faites par l'auteur dans des Collectivités, des usines, des fabriques socialisées lui permettent de penser d'une façon absolument opposée. Car dans une Collectivité, dans un groupement où chaque individu est stimulé par le désir de rendre service à ses semblables, la recherche, le désir, de perfectionnement technique ou autre sont aussi stimulés 8. Mais ils ont encore pour conséquence que d'autres individus se joignent à ceux qui se sont mobilisés les premiers ; en outre, quand au sein de cette société un inventeur individualiste découvre quelque chose, cela n'est utilisé que par le capitaliste ou l'entreprise qui l'emploie, tandis que quand il s'agit d'un inventeur vivant dans une communauté, non seulement sa découverte est reprise et poussée plus loin par d'autres, mais appliquée immédiatement à l'échelle générale. Je suis persuadé que cette supériorité apparaîtrait très vite dans une société socialisée. »

Ces observations ne demeurent-elles pas actuelles ?

Voici, ensuite, les conclusions de l’auteur : "Sans préparation organique, il n'est pas de révolution sociale et vraiment socialiste possible. La possibilité de succès dépend de l'importance de la capacité constructive préexistante. Mais cela ne signifie pas que la préparation ne doive être qu'intellectuelle et technique. Elle doit être, avant tout, morale, car le degré d'intellectualité spécialisée et de technicité mise au point dépend du degré de conscience qui crée le sens du devoir, imposant l'acquisition des disciplines nécessaires. C'est avant tout cette conscience des responsabilités qui a dominé chez les anarchistes espagnols, a influencé leurs luttes, leur comportement individuel, leur œuvre de propagande et d'organisation des travailleurs des campagnes et des villes, a maintenu leur persistance invincible dans le combat mené pour une société meilleure et une humanité plus heureuse, et alimenté la ferveur, sinon le mysticisme qui, portant chacun au-delà de lui-même, le poussait à se donner, à sacrifier sa vie pour l'avenir de l'humanité. Sans quoi, toute l'intelligence et toute la technique du monde n'auraient pas servi à grand-chose.

Et cela a aidé souvent à trouver des solutions valables, ou originales, là où manquait une formation intellectuelle supérieure. « J'ai vu bien des fois des cheminots, militants ouvriers qui savaient à peine signer leur nom, et qui, dans les réunions où l'on examinait des problèmes d'organisation des chemins de fer, ne déméritaient pas à côté des ingénieurs"9, nous disait récemment une camarade polonaise, ingénieur elle-même, à laquelle nous rendons ici hommage, qui participa jusqu'au dernier moment au fonctionnement du réseau ferroviaire de Madrid-Saragosse-Alicante.

L'imagination créatrice était stimulée par l'esprit, par l'âme des militants, et stimulait l'intelligence. La révolution, c'est aussi l'inspiration, la libre inspiration des hommes. Il est certain qu'en 1917 le parti bolchevique russe comptait un nombre d'intellectuels très supérieur à ceux que comptait, même proportionnellement à l'importance de la population, le mouvement libertaire espagnol en 1936. Mais la bureaucratisation étatique a freiné l'esprit créateur, et la supériorité culturelle d'un état-major de révolutionnaires professionnels s'est montrée inférieure au génie créateur de légions de militants libertairement orientés, et des masses par eux mobilisées."

Méditez ! Marxistes, populistes, intellectuels et politiciens "élitaires" d’Algérie et de tous les pays ! Méditez ! Si vous êtes capables d’estimer réellement le peuple, que vous prétendez aimer, alors que vous privilégiez, adorez et défendaient votre mentalité autoritaire, parasitaire, anti-populaire !

Revenons à Gaston Leval. Ses réflexions ne méritent-elles pas l’attention, aujourd’hui et dans le futur, quel que soit le pays considéré ?

Enfin, voici les ultimes paroles de son ouvrage :

"Notre œuvre constructive révolutionnaire a été détruite par la victoire franquiste et par le sabotage et la trahison de Staline et de ses agents. Mais elle reste dans l'histoire comme un exemple, et une preuve qu'il est possible d'éviter les étapes dictatoriales lorsqu'on sait organiser rapidement la société nouvelle ; se passer de la soi-disant dictature du prolétariat, ou plus exactement d'un parti révolutionnaire usurpant la représentation ou la délégation du prolétariat que les intoxiqués, les possédés du pouvoir - de leur pouvoir auquel le peuple doit se plier - s'obstinent à vouloir nous imposer sous peine de nous massacrer comme contre-révolutionnaires. Pas plus qu'hier Lénine et les siens, que Marx et Blanqui, et tous les maniaques de la dictature, ils n'ont la moindre idée pratique de la façon de réorganiser la vie sociale après le capitalisme. Mais comme fit Lénine, ils organiseraient très vite une police, une censure, et bientôt des camps de concentration."

Médite, peuple ! Méditez, ami-es sincères du peuple ! Avec le maximum d’attention ces constatations ! Afin de ne pas tomber, une nouvelle fois, dans l’illusion tragique, puis la désillusion amère, suivie de la désorientation mortifère.

Ultimes phrases de Gaston Leval :

"Un chemin nouveau a été montré, une réalisation qui émerge comme un phare dont les révolutionnaires qui veulent émanciper l'homme, et non le réduire en un nouvel esclavage, devront suivre les lumières. S'ils le font, notre écrasement d'hier sera largement compensé par les triomphes de demain."

Peut-on ignorer ces paroles quand on se croit et déclare être préoccupé de contribuer à l’établissement d’une société meilleure, plus juste, plus libre, plus solidaire ? De la part de celles et ceux qui se déclarent ami-es du peuple, en Algérie et de part le monde, comment expliquer leurs déclarations, affirmant ne pas savoir quel type de société construire, ne pas disposer d’exemple, ignorer à quels buts croire, comment les concrétiser ?

Je ne vois qu’un seul motif pour ne pas accorder d’importance à la révolution sociale espagnole comme exemple d’inspiration, comme projet général, but et méthode, actuellement pertinents : c’est d’exclure du projet la base fondamentale qui l’a constitué : élimination de l’exploitation économique et de la domination politique, quelque soit leur forme. Évidemment, si l’on croit impossible cette élimination, en prétextant que le système capitaliste est devenu désormais trop puissant, il ne reste qu’à s’agenouiller devant lui, en mendiant les miettes qu’il consentirait à concéder.

Mais il faudrait, tout au moins, si l’on est intelligent et honnête, ne pas illusionner et tromper le peuple avec des réformettes, présentées comme miraculeuses recettes. Elles ne consistent qu’à boucher quelques trous dans une barque où l’exigence du profit capitaliste ne cesse jamais d’ajouter de l’eau.

Certes, la révolution sociale espagnole, plus encore que l’expérience des soviets russes et ukrainiens, est ensevelie, par les vainqueurs, bourgeois et marxistes, sous des montagnes de mensonges, de déformations, de falsifications, de dénigrements, de silence. Ces vainqueurs ont besoin, après avoir assassiné les corps des partisans de la révolution sociale, de tuer, aussi, leurs idées ! Car les vainqueurs savent que les idées, si elles sont justes et parviennent à être connues des exploités-dominés, deviennent des armes, plus puissantes encore que celles des militaires. L’esprit populaire, l’idéal populaire, la force morale populaire, si les conditions sont favorables, s’il n’y pas de trahison des prétendus « amis », sont infiniment supérieurs à la plus puissante des armées, à ses généraux galonnés, issus d’académies militaires renommées, à ses mitrailleuses, à ses chars et à ses bombardements.

Par cette présentation du livre de Gaston Leval, j’espère avoir montré combien son témoignage est fondamental pour comprendre réellement l’histoire de la guerre civile espagnole, de la révolution sociale authentique qui l’a caractérisée. Elle en a été le fait historique le plus significatif. Je souhaite que la lecture de cet ouvrage soit l’occasion de trouver de précieuses idées théoriques et d’opératoires suggestions pratiques pour s’orienter actuellement, dans la contribution de chacun-e à une transformation sociale qui conjugue de manière harmonieuse liberté et solidarité.

*

Publié in

https://www.lematindz.net/news/25423-la-meconnue-plus-importante-revolution-du-xxe-siecle.html

25 Sep 2017

1 Voir La révolution inconnue, https://www.lematindz.net/news/25399-la-revolution-inconnue.html

2 Une présentation de l’auteur se trouve ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Leval#Franc-ma.C3.A7on

4 À ce sujet, Gaston Leval rappelle :

« Dans son rapport sur la situation russe, au 11e congrès du parti communiste, célébré en mars 1922, Lénine déclarait : «L'idée de construire une société communiste avec l'aide des seuls communistes, est un enfantillage, un pur enfantillage. Il faut confier la construction économique à d'autres, à la bourgeoisie qui est beaucoup plus cultivée, ou aux intellectuels du camp de la bourgeoisie. Nous-mêmes nous ne sommes pas encore assez cultivés pour cela.»

5Voir La révolution inconnue, op. c.

6 Voir La révolution inconnue, o. c.

7 Il s’agit de la liberté.

8 Note de l’auteur : "Rappelons-nous les 900 nouveaux modèles de chaussures à Elda, les nouveaux modèles de funiculaires à Barcelone, les nouvelles lignes de transport, etc."

9 Cette constatation a également été faite en Algérie, durant l’autogestion industrielle et agricole. Là, sans ingénieurs, lesquels avaient abandonné leur lieu de travail, la production fut assurée convenablement par les travailleurs eux-mêmes.

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION

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Publié le 19 Juillet 2024

Je te contemplerai souvent Lune

Douce soirée printanière, Parfums de fleurs, La campagne romaine chante-danse le retour de la vie. J’attendais cette résurgence de la nature pour affronter un travail très dur à réaliser.

Je parcours le chemin, entre deux champs dédiés à Bacchus, en m’efforçant de ne pas penser, d’imbiber mon esprit de l’exubérance généreuse de notre maternelle terre : arbres aux feuilles frémissantes d’énergie, herbes heureuses de pousser vers le ciel, gazouillis d’oiseaux même la nuit, concert des cri-cris de grillons. Ah ! La vie ! La vie !

 

Le cœur serré, j’entre dans le bureau de l’Association : elle héberge les malades en phase terminale.

Avec la directrice, je discute des conditions de tournage du documentaire. Thème : comment des êtres humains affrontent leur ultime instant d’existence.

- Je te propose, d’abord, suggère avec douceur la responsable, de venir avec moi rendre visite à un homme : il mourra cette nuit, dans quelques minutes, en tout cas moins d’une heure. L’hôpital nous l’a envoyé un mois auparavant : nous, médecins, et le malade, savions qu’il allait bientôt arriver à sa fin.

J’accepte. Avec la directrice, nous parcourons plusieurs couloirs, éclairés de manière douce, le silence interrompu par nos souliers sur le parterre de carrelage très propre, joli. Les battements de mon cœur augmentent.

J’accepte. Avec la directrice, nous parcourons plusieurs couloirs, éclairés de manière douce, le silence interrompu par nos souliers sur le parterre de carrelage très propre, joli. Les battements de mon cœur augmentent.

Pourtant, depuis une semaine, je me préparais à ce défi. J’ai relu, à plusieurs reprises quand nécessaire, des extraits de livres. Ils devaient me préparer à cette confrontation très éprouvante : Épicure, Antisthène, Épictète, Sénèque, Lao Tseu, Zhuang Tseu, Bouddha. Je parvenais à la réconfortante conviction : la naissance se conclut par la mort, la durée de vie est moins importante que sa qualité, tout se joue sur terre, pas d’illusoire espoir ailleurs. Une anecdote m’offrit la sérénité, tout au moins je le crus. À un philosophe antique grec, qui perdit son enfant en bas âge, un ami s’étonna de le voir sourire en jouant de la musique, au lieu de présenter un visage douloureux. « Eh, bien, quoi ?… expliqua le père. Le jour même où la généreuse nature m’offrit ce précieux enfant, je savais qu’elle le reprendrait un autre jour. Je le souhaitais après mon décès, mais la même nature décida autrement. Mon enfant serait content de me voir jouer une belle musique en mémoire de lui, en souriant à la vie qui continue pendant un certain temps. »

À la lecture d’une autre anecdote, je méditais davantage. Shen Yue1, philosophe, musicien et poète chinois, membre important de l'école de la « libre pensée », ou « école des lettrés libres ». À trente-neuf ans, en 262, son amour de la liberté décida l’Empereur à le condamner à mort. Shen Yue marcha à son exécution en jouant de la musique.

La directrice et moi entrons dans la chambre du condamné par la vie à mourir dans un instant, quelques minutes, moins d’une heure.

Quelques jours auparavant, la directrice lui exposa le motif de ma visite, lui demanda son accord. Il accepta avec une simplicité qui étonna la directrice. Elle s’attendait à un refus sinon à un embarras, une hésitation : qui, à son ultime instant, apprécierait la présence d’un étranger ?

Je l’observe avec une extrême discrétion. Sous la couverture du lit, il est étendu, bien vivant, calme. La soixantaine d’années, belle figure sympathique, grands yeux clairs vifs, cheveux encore noirs, clairsemés de quelques touffes couleur neige, joues bien rasées, cheveux bien coiffés.

Mon cœur bat plus vite, ma gorge se serre. Au secours, sages philosophes antiques !

Le condamné tend la main droite, amaigrie, la peau plissée, avec un sourire. Oui ! Il sourit !

- Bonsoir, murmure-t-il d’une voix qui semble tranquille.

J’hésite à retourner la politesse : lui peut se permettre « Bonsoir » !, pas moi à lui, en ce moment qui ne me semble pas un « bon » « soir ».

L’homme me sourit de nouveau. Par instinct, mon visage esquisse un sourire de réponse, pas mon esprit, pas mon cœur. J’empêche les larmes d’inonder mes yeux, je serre avec délicatesse de mes deux mains celle tendue. Chaude, elle est chaude de vie !… Non, mes larmes : restez au fond, cachées dans votre source !

Dans la chambre, une lampe de faible lumière, mélangée à celle de la lune, éclaire les murs d’un marron clair et le visage du mourant. Étrange beauté ! Impression de rêver.

D’une voix à peine audible, le préposé au voyage final murmure à la directrice :

- Pouvez-vous, s’il vous plaît, déplacer mon lit près de la fenêtre ?

La responsable et moi, nous ne comprenons pas. L’homme précise :

- Je voudrais regarder la lune.

De mes yeux, je consulte la directrice.

- Bien sûr, répond-elle avec douceur au malade.

Elle saisit le bord métallique du lit, mes mains agrippent un autre bord. Avec précaution, nous déplaçons le lit, lentement, l’approchons de la fenêtre : ainsi, le candidat au départ définitif peut contempler la lune.

- Merci ! balbutie-t-il.

Ses yeux fixent la flamme blanche nocturne. Par un généreux hasard, elle se présente dans sa plus belle phase : toute ronde.

- Puis-je vous demander une autre gentillesse ? reprend le malade.

- Certainement, réplique la dame.

- Je vous prie d’éteindre la lumière électrique, si cela n’enfreint pas les règles.

La directrice s’approche de l’interrupteur, éteint la lampe et revient près de l’homme.

Le phare lunaire illumine la chambre d’une blancheur, teintée de nuance bleuâtre : atmosphère fantastique. Les yeux du mourant, plus intenses, observent le blanc caillou céleste. Il brille sur un être humain qui, d’une seconde à l’autre, s’éteindra.

Nous aussi, la directrice et moi, contemplons l’encadrement de la fenêtre : ciel noir (une couleur qui me paraît douce), quelques petites étoiles, d’autres plus petites encore scintillent. Silence.

Silence…

Silence...

Mon regard examine avec discrétion l’homme : visage serein, mieux : heureux. Heureux ?… Telle est mon impression. En réalité, j’ignore ce qu’il ressent, ce qu’il pense. Je voudrais tant connaître ses sentiments, ses pensées… Pense-t-il ?… Que sent-il ?… Pourquoi pas le vide ? Rien ?

Au loin, un aboiement de chien ; il se répète. Un autre lui répond.

Silence...

En moi éclate une tornade d’émotions contradictoires ; mes neurones éperdus zigzaguent. Mes yeux fixent, observent un être humain : d’une seconde à l’autre, il mourra. Ses yeux, à lui, fixent, observent l’astre lumineux dans le ciel obscur. Une dernière fois. Cet homme le sait : son attitude montre une conscience lucide, parfaite. Mes larmes, ne troublez pas la dignité du mourant. Je voudrais tant savoir : s’en fout-il de la dérisoire prétentieuse immortalité, ou croit-il à un paradisiaque au-delà de vie éternelle ?… Je voudrais tant le savoir : alors, je comprendrais la sérénité inattendue de ce visage humain qui tombera bientôt dans un trou noir.

Petites lumières clignotantes dans le ciel. À gauche, très haut, silencieux, un avion de ligne flotte lentement. Je déplace mon regard vers l’agonisant. Je ne parviens pas à distinguer s’il continue à contempler la lune ou s’il s’intéresse à la machine des voyages de plaisir ou d’affaire. Elle disparaît à droite.

Je frissonne : les yeux de l’homme s’immobilisent, ouverts, le visage se fige. Partie, la vie. Sensation bizarre en moi : les murs de la chambre pleurent en silence leur veuvage.

Un cadavre surgit dans ma mémoire. Une salle de musée en Sicile. Je contemplais le squelette, bien conservé, d’un homme décédé environ trois mille années auparavant. Trois mille années… Mon cerveau étourdi m’obligea, vite, à sortir de la salle ; je m’assis dans le corridor… Trois mille années ! Cet homme vivait. Trois mille années après, un autre le regardait : moi, de la même espèce, humain comme lui. Je deviendrai comme lui. Non : poussière, rien que poussière, mélangée à d’autres poussières. Certains scientifiques estiment que nous sommes le produit de poussières célestes atterries sur des flaques d’eau de la planète Terre. Hypothèse acceptable par le Tao, le Yin-Yang, par les atomistes antiques grecs. Hypothèse qui turlupine mon entendement.

 

Retour chez moi. Pas encore prêt à réaliser un documentaire dans cette maison-terminale de la vie, pour disparaître dans le Néant.

Pourtant, celui qui, à son moment ultime, contempla la lune, ne chanta-t-il pas, à l’instant de sa mort, un hymne à la vie ? À propos de documentaire, combien de spectateurs affronteraient des images qui révéleraient l’extinction de l’existence humaine, même idéalisée ? Combien de spectateurs apprécieraient de regarder sur un écran l’Énigme absolue : apparaître, disparaître ; ver de terre, poussière.

Merci, directrice ! Merci, bonhomme ! Pour cette leçon de vie, ce précieux examen préparatoire. Je te contemplerai souvent, Lune.

*

Publication Version Texte

https://www.algeriepatriotique.com/2024/07/15/je-te-contemplerai-souvent-lune/

15 juillet 2024

https://tribune-diplomatique-internationale.com/2024/je-te-contemplerai-souvent-lune-nouvelle-litteraire/

15 juillet 2024

Publication Version Audio

https://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-nouvelles/kadour-na%C3%AFmi-je-te-comtemplerai-souvent-lune.html

 

1 沈约.

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #NOUVELLE-ROMAN

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Publié le 4 Juillet 2024

Rodin : Le Penseur.

Rodin : Le Penseur.

Le 24 juin 2024, j’assistais à une conférence tenue par le professeur anthropologue Abderrahmane Moussasoui, intitulée « De la culture en Algérie. Un présent de l’histoire ». Aux informations intéressantes du conférencier, il me semble utile d’ajouter quelques réflexions.

Pourquoi ?

Au professeur, je posais la question : Pourquoi le peuple qui habitait l’Algérie avant la toute première des agressions historiques qu’il a subies, bien qu’il ait résisté, ce peuple fut cependant envahi et dominé, et il en fut de même avec toutes les autres invasions ?

Le professeur répondit que l’anthropologie ne considère pas le « pourquoi » des phénomènes, mais uniquement les « comment », les aspects factuels.

N’ayant pas eu droit à une seconde intervention durant le débat, voici ce que je voulus objecter. Je l’appris à l’université en Belgique, au cours d’anthropologie, et j’en ai vérifié la confirmation sur ChatGPT : l’anthropologue « Gregory Bateson a étudié les peuples Iatmul en Nouvelle-Guinée dans les années 1930, et il a décrit comment, lors des discours des chefs, les membres de la tribu tournaient parfois le dos au chef pour écouter ses paroles... »

L’anthropologue ne se contenta pas de constater le « comment », autrement dit le phénomène de tourner le dos à l’orateur, mais voulut en comprendre le « pourquoi » et il le découvrit : fin de l’information de ChatGPT  « … sans être influencés par son expression faciale ou ses gestes. »

Donc, les membres de cette tribu, considérée comme « primitive », pour ne pas dire « barbare », comprenait ce que le peuple allemand, alors le plus civilité en Occident, ne comprit pas : lors des discours du chef Hitler, la majorité des citoyens allemands se laissèrent influencer, subjuguer, manipuler par les gesticulations (apprises auprès d’un acteur !) du dictateur. Avec les conséquents crimes contre l’humanité.

Ces deux exemples infirment l’allégation qui considère que l’anthropologie n’a pas comme objet le « pourquoi » de ce qu’elle étudie. En matière scientifique, on sait qu’il suffit d’une seule réfutation d’une règle pour priver celle-ci de son caractère absolue.

Pour ma part, mes études en sociologie, jusqu’au doctorat (sans présenter la thèse, parce que non intéressé par une carrière universitaire), dont l’anthropologie comportait une partie consistante, ces études donc m’ont convaincu que l’anthropologie peut et doit s’efforcer à élucider le pourquoi des phénomènes observés. D’où la légitimité de la question posée à l’anthropologue : pourquoi certains peuples résistent à toutes, sinon à la plupart des agressions impérialistes avec succès, et pourquoi pas d’autres, malgré leurs résistances, comme ce fut le cas du peuple qui habitait le territoire algérien (numide) ? Il a fallu attendre la guerre de libération nationale de 1954-1962 pour, finalement, chasser le colonisateur du territoire algérien.

Ce « pourquoi » ne mérite-t-il pas d’être étudié par les chercheurs algériens : historiens, sociologues, anthropologues, psychologues, archéologues, etc. ?

Mais, dirait-on, quel est l’intérêt à élucider ce « pourquoi » ?… Parce qu’il aiderait à comprendre le présent. Par exemple ce qui suit.

Pourquoi bis ?

Durant la rencontre, je n’eus pas droit à poser une autre question : Pourquoi le peuple qui habitait le territoire algérien (numide) produisit très peu de livres ?

Plutôt que plagier ChatGPT, je communique ses informations sur les auteurs et leurs œuvres : « Fronton : Un rhéteur latin du IIe siècle, originaire de Cirta (aujourd'hui Constantine en Algérie). Fronton était célèbre pour ses discours et ses lettres, bien qu'une grande partie de son œuvre ait été perdue. Apuleius : outre son roman "L'Âne d'or", Apulée est également connu pour d'autres écrits philosophiques et rhétoriques. Saint Cyprien : bien que né à Carthage (en Tunisie actuelle), Saint Cyprien a exercé une influence considérable en Numidie par ses écrits théologiques et ses lettres pastorales. Il est un des Pères de l'Église et évêque de Carthage au IIIe siècle. Optatianus Porfyrius : poète numide du IVe siècle, connu pour ses poèmes en forme de mosaïque (carmina figurata) et pour son panégyrique à Constantin, l'empereur romain. Gaudens : un autre poète chrétien de la fin du IVe siècle, originaire de Thagaste (actuelle Souk Ahras en Algérie), et contemporain de Saint Augustin. »

Conclusion de ChatGPT : « Ces auteurs et leurs œuvres témoignent de la richesse culturelle et intellectuelle de la Numidie pendant l'Antiquité, dans ce qui est aujourd'hui l'Algérie. »

Considérant plusieurs siècles, est-il légitime de parler de « richesse », comparée à d’autres peuples ? En outre, l’école et l’université algériennes enseignent-elles ces auteurs ? Si non, pourquoi ? Les publications algériennes, journaux, revues et télévisions informent-ils sur ces auteurs ? Si non, pourquoi ?

Autre question : pourquoi la résistance de Jugurtha au colonisateur romain ne fut pas relatée par des compatriotes numides, dans leur langue ou même en latin, mais par le romain Salluste ?

Autre question : Massinissa, considéré comme un grand roi, qui sont les intellectuels et leurs productions livresque durant son règne ? Ne reconnaissant pas la valeur d’un règne à sa production intellectuelle ?

Question à ChatGPT : Pendant l'occupation arabo-musulmane de l'Algérie, qui furent les intellectuels et les livres qu'ils publièrent ?

Réponse : « Pendant l'occupation arabo-musulmane de l'Algérie, plusieurs intellectuels et écrivains ont joué un rôle important. Voici quelques figures clés et leurs contributions : Ibn Khaldoun (1332-1406) : historien et philosophe tunisien dont les travaux ont influencé la sociologie et l'histoire universelle. Son œuvre principale est "Al-Muqaddima" (Les Prolégomènes), qui traite des sciences sociales et de la philosophie de l'histoire. Ahmad al-Buni (1225-1291) : érudit soufi et auteur de traités ésotériques et mystiques, originaire de Bône (Annaba en Algérie actuelle). Abd al-Rahman al-Jilani al-Jazairi (1362-1425) : juriste et théologien algérien, connu pour ses écrits en droit islamique. Muhammad al-Idrisi (1100-1165) : géographe et cartographe andalou d'origine, dont l'œuvre "Description de l'Afrique et de l'Espagne" a une grande importance historique et géographique. Al-Masudi (896-956) : géographe et historien arabe, souvent appelé le "Hérodote arabe", bien que son travail couvre une vaste région qui inclut l'Algérie moderne. Ces intellectuels ont contribué de manière significative à divers domaines du savoir pendant la période arabo-musulmane en Algérie, enrichissant ainsi l'histoire intellectuelle et culturelle de la région. »

Considérant plusieurs siècles, est-il encore légitime de parler de « richesse », comparée à d’autres peuples ? En outre, l’école et l’université algériennes enseignent-elles ces auteurs ? Si non, pourquoi ? Les publications algériennes, journaux, revues et télévisions informent-ils sur ces auteurs ? Si non, pourquoi ?

On objecterait : à quoi bon considérer le passé ? Réponse : examinons le présent, si l’on veut de 1900 à 2024 : quelle est l’importance de la production culturelle et intellectuelle en Algérie ?

Question conclusive : au vu des informations ci-dessus, pourquoi le peuple qui habitait la Numidie et aujourd’hui réside en Algérie produit relativement peu en matière intellectuelle et culturelle par rapport à d’autres nations, à commencer par le Liban actuel, pourtant démuni de pétrole et de gaz, pire encore, tourmenté depuis longtemps par une crise politique et l’agression sioniste ?

Qui suis-je ?

Lors de la rencontre avec l’anthropologue, une dame posa la question, en substance : « Quelle est l’identité algérienne ? »

L’anthropologue avança comme élément principal de cette identité la guerre de libération nationale, en étayant sa déclaration par des faits convaincants.

Selon moi, l’indicateur premier de l’identité est autre. J’ai dû insister auprès du modérateur pour obtenir le droit à une seconde intervention. En voici la substance.

Quand on voyage, le premier élément qui nous fournit une indication sur l’identité du peuple visité, c’est la langue qu’il parle : italien, anglais, vietnamien, chinois, cambodgien, swahili, etc.

Le voyageur qui arrive en Algérie, quelles langues entend-il : la langue algérienne ? Oui, s’il fréquente le peuple : langue algérienne arabophone ou amazighophone, selon la région visitée par le voyageur.

Cependant, il constate que les Algériens-nes, plus ou moins instruits, parlent le français ou l’arabe classique, et commencent à baragouiner l’anglais. Dès lors, le voyageur est désorienté : « Normalement, pense-t-il, c’est en France que je devrais entendre parler français, dans les pays du Moyen-Orient, entendre parler l’arabe classique, dans les pays anglo-saxons entendre parler l’anglais… Mais, alors, ces Algériens-nes, en quoi le sont-ils-elles ? Quelle est leur identité , et d’abord linguistique ? »

Voilà donc un fait banal qui, le premier, pose la question de l’identité algérienne. Ce problème linguistique fut et reste sans solution qui donne une identité algérienne (1). L’essai indiqué en note démontre comment la plupart sinon tous les peuples de la planète formèrent leur identité en commençant par la promotion de leur langue maternelle, populaire. Considérée « vulgaire », « pauvre », « charabia » par la caste cléricale associée à l’oligarchie étatique, et soutenue par l’ignorance des pseudo-intellectuels, un groupe d’intellectuels intelligents et patriotes assumèrent la gloire de transformer l’idiome populaire en instrument linguistique à part entière.

Au contraire, en Algérie, certains évoquèrent le « trésor de guerre » pour justifier l’emploi de la langue française, d’autres rappelèrent la langue sacrée du Coran pour légitimer l’arabe classique : les deux considéraient la langue populaire (arabophone ou amazighophone) comme indigne d’émancipation en instrument linguistique à part entière. Je parie que les défenseurs de ces deux tendances ignoraient le processus qui constitua la langue française et la langue arabe classique comme langues à part entière. Sinon, n’auraient eu honte de se considérer comme intellectuels éclairés et patriotes au service du peuple ?

Lors du débat, je constatais l’ignorance de ce processus de promotion linguistique comme facteur premier de formation de l’identité du peuple d’une nation, et qui en furent les auteurs.

Voilà donc un second chantier pour les chercheurs réellement compétents dans leur domaine et soucieux du peuple qu’ils déclarent servir. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient diplômés : Joseph Proudhon, ouvrier autodidacte, démontra dans un essai célèbre que « la propriété, c’est le vol » ; avant lui, J.-J. Rousseau, sans fréquenter d’université, rédigea « Le Contrat social » : la bible de la Révolution française.

Encore un effort !

Les considérations ci-dessus ne tendent pas à dénigrer et décourager ; tout au contraire, elles visent à stimuler, à encourager. Cet effort exige le renoncement à une fierté incongrue, trompeuse, démagogique, causée par l’ignorance, l’insuffisance de la connaissance ou un opportunisme carriériste. Ils se manifestent par l’éloge dithyrambiques de « Monuments », d’« Icônes », d’« Immenses » personnages. J’ai entendu un Algérien, qui se considère cultivé, s’exclamer avec admiration à propos d’un auteur algérien d’un seul roman : « C’est notre Victor Hugo ! ». Cessons de nous considérer des « bœufs », acceptons notre situation de « grenouille » : alors, nous serons capables de devenir des « bœufs », dignes de concurrencer d’autres nations-« bœufs ».

Souvenons-nous de la leçon historique : quand des prétendus « savants » et « intellectuels » algériens déclaraient que l’Algérie était « fière » d’être une province française, protégée par la « mère patrie » la France, un groupe de jeunes Algériens eut la lucidité courageuse (que les prétendus « savants » et « intellectuels » traitèrent textuellement de « folie ») d’objecter : « Non ! Nous sommes colonisés par cette France ! Nous devons nous en libérer ! Et, pour cela, consentir les efforts les plus durs ! Et si vous appelez cela « folie », eh bien nous voulons être assez fous pour croire à notre idéal ! » Voilà l’esprit que celles et ceux qui se réclament de la guerre de libération nationale doivent revivifier aujourd’hui, pour que l’Algérie soit une nation culturellement, donc économiquement et techno-scientifiquement (2), dont nous serons fiers, alors, avec légitimité et sans chauvinisme.

Pour y parvenir, trouvons les solutions adéquates, démocratiques. Elles exigent de cesser d’ignorer les questions embarrassantes, de « tourner autour des pots », de nous vanter de manière imméritée, de nous contenter d’une pseudo-culture au rabais, aussi fainéante que prétentieuse (3), pour affronter, avec la capacité de nos Larbi Ben Mhidi, Abane Ramdane, Lotfi et autres vrais dirigeants de la guerre de libération nationale, le « pourquoi » des phénomènes sociaux, quelque soit leur nature, quelque soit la difficulté à trouver les réponses.

L’entreprise est difficile, mais vitale. Elle nécessite un Premier Novembre culturel qui donne le légitime droit de chanter, non pas le ridicule néo-colonial « One Two Three Viva l’Algérie ! » (où pas un seul mot n’est algérien), mais le glorieux et algérien Tahya Aldjazaïr !

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(1) Voir Kaddour Naïmi: DÉFENSE DES LANGUES POPULAIRES : Le cas algérien, librement disponible ici : https://www.kadour-naimi.com/f_sociologie_ecrits_langues_populaires.html

(2) Sur la primauté de l’élément culturel par rapport à ceux économique et techno-scientifique, voir http://kadour-naimi.over-blog.com/2024/06/capital-culturel-au-secours.html

(3) Ce problème sera examiné dans un prochain texte.

*

Publié in

https://tribune-diplomatique-internationale.com/2024/algerien-ne-pourquoi-qui/

1 juillet 2024

https://www.algeriepatriotique.com/2024/07/02/algerien-ne-pourquoi-qui/

2 juillet 2024

 

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE

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Publié le 1 Juin 2024

Image par Elisa de Pixabay

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« Wozu Dichter in dürftiger Zeit ? »

(Pourquoi des poètes en temps de détresse ?)

Hölderlin

Après l’exposition de réflexions sur le capital humain1, venons au capital culturel, et d’abord examiné du point de vue du sommet de la hiérarchie sociale.

Constat

Très récemment, on lisait : « Notre pays a besoin de réformes fondamentales (…) seuls les opportunistes peuvent accéder aux avantages alors qu’ils sont d’une médiocrité évidente (…) Il y a comme une fatalité à ce qu’une même classe politique soit sans arrêt recyclée. Elle a accès à tous les moyens alors que celles et ceux qui auraient pu être d’un apport significatif pour une « Algérie nouvelle » ont été marginalisés2. »

Qu’en est-il en particulier du champ culturel en Algérie, d’abord en ce qui concerne le sommet de la hiérarchie sociale : celle des décideurs3.

Depuis l’indépendance nationale, que présentent les Maisons et Palais de la Culture, les théâtres étatiques, les émissions culturelles télévisées, les festivals, les salles de cinéma, de théâtre, de concerts de musique, de ballet ? Que finance ou présente toute institution officielle comme culture au sens authentique du mot, à savoir stimuler l’esprit d’invention, de critique constructive, de liberté, d’égalité et de solidarité sociales ?

Quant aux manifestations folkloriques, en quoi stimulent-elles la culture comme définie auparavant ?

Ne parlons pas du système scolaire : comparez les connaissances réelles d’un doctorant algérien en sciences humaines ou littéraires de 2024 avec celles d’un bachelier de 1965. L’admirable quantité de scolarisés, productrice de qualité en situation normale, a naufragé en médiocrité.

Des experts algériens exposent, à juste titre, les carences et les exigences du développement économique et technico-scientifique de la nation algérienne. Pourquoi n’évoquent-ils généralement pas la culture, à l’exception d’Omar Arkouf ?… Suffit-il de performance économiques et technico-scientifiques pour considérer civilisée et développée une nation  ?… Le dirigeant politique Sofiane Djilali, dans sa clairvoyante interview, parle de politique, mais pas de culture. Pourquoi cette carence des économistes, des technico-scientifiques et des politiciens ?... La culture n’est-elle pas l’activité qui manifeste la qualité de l’esprit, sa conception du monde, son éthique, l’authentique civilisation, la condition de toute forme d’économie, de technique, de science, de politique  ? Pour évaluer une société, le PIB ou la démocratie du système politique suffisent-ils, sans considérer ce que j’appelle l’ICC : Indice de Culture Collective ?

On objecterait en ricanant : « L’argent fait le bonheur !… Ni les écrivains ni les artistes le produisent ! » Réponse : Allez voir la situation des peuples où l’argent est Divinité Suprême, et les poètes et artistes (authentiques) réduits au silence. Le sous-développement économico-technico-scientifique ou politique n’est-il pas, d’abord et avant tout, le résultat d’un sous-développement culturel ? Que produiraient les champs de l’économie, de la techno-science et de la politique sans leur semence : l’eau et le soleil de la culture ?

Considérer l’économie, la techno-science ou la politique sans accorder son importance à la culture est aussi erroné que le contraire : envisager la culture en ignorant les autres domaines sociaux. Tous se conditionnent réciproquement. Ne pas en tenir compte, c’est raisonner de manière erronée, par ignorance, par esprit de clocher ou plutôt de boutiquier, par manipulation idéologique de caste privilégiée. Elle caractérise les plus « prestigieuses » universités du monde « développé ». Leurs mandarins du « Savoir » croient encore à la fameuse théorie capitaliste du « ruissellement » : une économie qui produit plus de richesses profiterait non seulement aux capitalistes, mais également au reste de la société, améliorant son bien-être. On constate les résultats dans les pays riches : une dette par habitant si grosse qu’elle est impossible à rembourser, en premier lieu par le chef de file capitaliste, les États-Unis, suivi par les vassaux européens. En cas de crise de cette dette, celle de 1929 semblera une plaisanterie, malgré son résultat : une guerre mondiale où la barbarie submergea tout ce que les pays « civilisés » avaient produit comme culture.

Les cerveaux dont les neurones fonctionnent correctement constatent : le « ruissellement » aggrave les inégalités économiques, concentre davantage la richesse entre les mains de l’oligarchie financière minoritaire des riches. Qui est correctement informé voit, par exemple, comment l’enrichissement de Pfizer, de Bill Gates et autres flibustiers de la finance « ruisselle » sur les peuples : chômage à cause de délocalisations dans les pays développés, salaires de survie dans les pays qui accueillent les délocalisations, angoisses partout, guerres clandestines et guerres ouvertes, course aux armements, totalitarismes de forme nouvelle dans les pays « démocratiques », résurgences d’obscurantismes moyenâgeux pour cacher l’enjeu réel, l’exploitation-domination à outrance d’une caste au détriment de l’humanité, etc.

Pour que l’aggravation des inégalités ne soit pas comprise et contestée par les victimes, l’oligarchie des profiteurs produit sa « culture » compensatrice aliénante : divertir (détourner des vrais problèmes), abrutir, condamner à la résignation, conditionner au « bonheur » factice, à travers les diverses innovations technologiques de trompeuse communication et de réel conditionnement psychique : effarant vide des cerveaux où la seule « puce » agissante est une idéologie de la soumission par la peur ou, mieux, par une pseudo-liberté fétichiste dans un programmé « Brave New World » (Huxley). L’espèce humaine serait-elle un troupeau auquel fournir un pâturage où brouter (le « progrès économico-technico-scientifique ») afin de tirer de ces animaux de quoi enrichir le propriétaire, en destinant une partie du bétail à l’abattoir des guerres ?… Voilà le motif inavoué mais clair de la régression culturelle qui afflige la planète à des degrés divers, selon le degré de développement culturel précédent de chaque nation.

Hypothèse explicative

« Quand j’entends parler de culture, je sors mon revolver ! » Par cette déclaration explicite qui a le mérite de la franchise, un ministre nazi psychopathe (pléonasme) a révélé l’enjeu : la culture, c’est la liberté, l’émancipation humaine, la civilisation, la création ; le « revolver », c’est l’exploitation, la domination, la sauvagerie, la barbarie, la destruction. Depuis l’apparition de l’espèce humaine, la culture n’est-elle pas l’instrument de civilisation craint, détesté et combattu par tout esprit exploiteur-dominateur au détriment de la collectivité humaine ?... Le nombre et la qualité des institutions culturelles et de leurs productions, le degré de participation des citoyens à ces institutions et à ces productions : voilà les indicateurs d’une nation civilisée, où les dirigeants sont soucieux de stimuler l’intelligence des citoyens, laquelle favorise la capacité de critique de ce qui est erroné au profit d’une plus harmonieuse gestion de la collectivité.

En Algérie, juste après l’indépendance nationale, malgré la dictature imposée par les armes, l’activité culturelle se distinguait par une certaine valeur, bénéficiait d’intérêt. Après l’instauration d’une forme de démocratie, cette activité culturelle est tombée dans une régression affligeante.

La qualité de l’activité culturelle provenait de deux faits : d’une part, la guerre de libération nationale, fraîche dans les mémoires, encourageait les initiatives ; d’autre part, la dictature, qui visait à réprimer l’activité culturelle, par définition critique, produisait un effet contraire : une mobilisation de conscience en faveur d’une société cultivée, donc libre et solidaire.

L’instauration de la relative démocratie se concrétisa dans une période où la guerre de libération était désormais relativement loin, et où la répression dictatoriale fut remplacée parla corruption des consciences serviles (fauteuils bureaucratiques, salaires et privilèges), d’une part, et, d’autre part, par la neutralisation des consciences qui, refusant cette humiliation de harki culturel, se trouva interdite d’expression par des « règlements » administratifs, contrainte à l’exil intérieur ou extérieur. Ainsi, triompha la servilité, avatar de la médiocrité, d’autant plus médiocre qu’elle se drape dans une « fierté » qui démasque l’imposture charlatanesque. « Ma bgâ fal ouâd ghîr hjârou » (seules les pierres sont restées dans la rivière). Le très regretté frère Larbi Ben Mhidi aurait dit : « La lutte armée pour l’indépendance est difficile ; mais la construction future du pays sera nettement plus difficile ».

Proposition

Le corps humain a besoin de ressources matérielles pour garantir sa normale existence. Qui fournit ces ressources sinon l’esprit humain ? Qu’est-ce qui assure la compétence de cet esprit sinon la culture ?

Les promoteurs de progrès devraient-ils se préoccuper uniquement du développement économique, technico-scientifique et politique, où considérer le développement comme processus global où l’aspect culturel a toute son importance stratégique ? L’élément culturel ne constitue-t-il pas la garantie de succès de tous les autres aspects sociaux ?

Le développement économique et technico-scientifique, et le système démocratique, doivent-ils produire un système capitaliste, dont l’aspect mortifère est démontré par ses aspects anti-civilisationnel, anti-humain, anti-nature, adorateur du seul Divin Dollar (« In God We Trust » : machiavélique tromperie) et, pour le satisfaire, détruire l’humanité et la planète par les armes nucléaires et bactériologiques ? Ou le développement économique et technico-scientifique ainsi que le système démocratique doivent accoucher d’une collectivité humaine digne de ce nom ? Peut-elle l’être sans liberté, égalité et solidarité ? Ces principes peuvent-ils se concrétiser sans neutraliser les psychopathes exploiteurs-dominateurs ?

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Plus dramatique est la détresse humaine, plus indispensables sont les poètes, les artistes et les intellectuels : des Prométhées qui offrent à l’humanité la lumière émancipatrice de la connaissance vraie, toujours à élargir et approfondir.

3Ce qu’on appelle l’ « élite » culturelle, comme relais fonctionnel entre le « sommet » hiérarchique et la « base » citoyenne, sera examiné dans un prochain texte.

Publié in

https://www.algeriepatriotique.com/2024/05/30/capital-culturel-au-secours-ou-quand-la-regression-de-la-culture-afflige-la-planete/

30 mai 2024

https://tribune-diplomatique-internationale.com/2024/capital-culturel/

31 mai 2024

https://reseauinternational.net/capital-culturel-au-secours/

1 juin 2024

 

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE

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