Publié le 27 Février 2023

Du pain et des roses, ou ce qui est à faire

La lecture d'une stimulante contribution1 se conclut ainsi : "Face à cette situation mondiale et interne, que proposent les partis algériens, loin de la propagande populiste, souvent déconnectés de la société ? »

Cette question soulève une autre : quelle conception ces partis politiques algériens ont de la culture ?… En effet, l’observation socio-historique de toute nation, quelque soit l’époque, montre que le politique et le culturel agissent de manière dialectiquement complémentaire, et que, généralement, c’est le culturel qui détermine le politique, autrement dit c’est l’activité culturelle qui produit l’activité politique. Pour se limiter à quelques exemples significatifs, ce sont les activités culturelles qui ont permis les révolutions anglaise (1642), française (1789), chinoise (1911) et russe (1917), ou, encore, le réveil politique du monde arabe (« Nahda » au début des années 1800) ; en Algérie, également, le mouvement politique de libération nationale fut stimulé par l’apport culturel aussi bien national qu’en provenance de l’Europe, principalement la Révolution française de 17892.

Mais, qu’est-ce que la culture ?… Simple définition essentielle : tout ce que l’esprit produit dans les domaines où il s’exerce : science, technique, littérature, spiritualité, art, éthique, rapports individuels, jusqu’à la manière d’occuper l’espace individuel et collectif, jusqu’aux rites et cérémonies, etc. Le domaine politique est l’un des résultats, parfois le plus spectaculaire, en tout cas le plus indicatif de cette activité culturelle. Cette-ci, en première ou dernière instance, s’active en recourant à plusieurs instruments : 1) la raison, autant que possible objective, concrète, libre de toute ingérence idéologique (non conforme à la réalité), 2) l’ouverture à toute les cultures du monde comme source d’inspiration et de stimulation afin d’irriguer la culture nationale, car c’est par la confrontation objective que naît le progrès, 3) la participation des citoyens à la gestion du pouvoir social, notamment politique.

On comprend, alors, que, pour toute institution de nature oligarchique (c’est-à-dire élitaire, donc anti-populaire), - et les partis politiques sont l’une des institutions qui tendent à l’élitisme -, cette culture authentique est combattue par tous les moyens. Parce qu’elle stimule la connaissance, donc l’intelligence, donc la capacité critique, donc le désir de participer à la gestion de la collectivité en faveur de l’utile, du bien et du beau pour l’ensemble de la collectivité.

Dès lors, pour connaître la valeur d’une institution (État, partis politiques, organisations sociales, revue, journal, etc.), il faut savoir quelle place est accordée au domaine culturel, entendu, ajoutons cette précision, non comme une folklorisation rétrograde et aliénante au service du maintien d’une caste dominante, mais comme instrument d’émancipation collective dans tous les domaines de la vie sociale.

En Algérie, hélas ! Et tant de fois hélas !… Quelques années après l’indépendance nationale, la situation de la culture a régressé d’une manière préoccupante, pour finir par tomber à un niveau de médiocrité, pour ne pas dire d’aliénation, qui ne favorise pas une Algérie qui se voudrait nouvelle. En effet, quelle peut être la nouveauté sinon la culture, telle que définie auparavant, c’est-à-dire, répétons-le, comme la matrice qui stimule toutes les autres activités sociales ?… Pour savoir ce qu’il en est en Algérie, examinons-les ces indicateurs : activités des maisons de la culture, production scientifique, spirituelle, littéraire et artistique : le bilan stimule-t-il un développement général, notamment économique, scientifique, culturel ?… Concernant les carences, qu’on ne se limite pas à en accuser l’État, le « Pouvoir », les partis politiques, les « bureaucrates » et autres institutions sociales, - qui ont, certes, leur part de responsabilité -, mais considérons également et d’abord les membres de ce qui s’appelle l’ « élite » intellectuelle, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Car il ne s’agit pas d’attendre des institutions, mais, plutôt, d’agir comme citoyens pour les stimuler, tout en sachant comment affronter les obstacles, résistances et difficultés externes, mais également et d’abord celles internes : surévaluation de soi, fierté mal placée de la grenouille qui se prend pour un bœuf dans l’ardu effort de connaissance, super-ego au détriment des autres ego, individualisme ignorant la solidarité dans le respect des opinions, et autres défauts. Cette action émancipatrice n’a jamais été facile, dans aucune nation, en aucune époque.

En Algérie, à propos de culture, il faut prêter une attention particulière à l’instrument linguistique. Il est le reflet direct et significatif de la situation culturelle, il en manifeste l’état confus, incertain, contradictoire, problématique, pas favorable à la stimulation d’une culture émancipatrice3. Il y a tellement à faire dans le domaine culturel. Tout dépend de la volonté des citoyennes et citoyens d’une part, et, d’autre part, de celle des gestionnaires étatiques, ces deux catégories d’agents sociaux étant les déterminants du genre de partis politiques qui existent. Aussi, parler de ces derniers nécessite l’évocation de l’activité culturelle. Les deux éléments sont liés comme l’œuf (ou, si l’on veut, le poussin) et la poule. Souvenons-nous toujours de la fameuse réplique d’un oligarque nazi, reflet de toute dictature : « Quand j’entends parler de culture, je tire mon revolver ! » C’est la reconnaissance, à son insu, de la vertu par le vice. La réplique qui s’impose ne doit-elle pas être : « Quand tu tires ton revolver, j’utilise la culture » ? Avant tout, qu’est-ce qui distingue la civilisation de la barbarie, sinon la qualité de la culture ? Et qu’elle est cette qualité sinon l’émancipation de l’esprit humain vers plus d’équité, autrement dit de liberté, d’égalité et de solidarité ? Comment concrétiser ces principes sinon par la connaissance, dans tous les domaines de la vie sociale, notamment la culture ?

Reste une précision comme conclusion ouverte. La situation de la culture dans le monde entier a également régressé de manière très préoccupante : la crise du fameux virus, la guerre en Ukraine, la situation moins dominante du dollar, la menace de robotisation de l’humain (sous prétexte de « quatrième révolution industrielle ») ainsi que la littérature et l’art dominants en sont les indicateurs les plus manifestes. Ils montrent avec une glaçante lumière que l’humanité est en proie à l’affrontement historique le plus décisif entre la barbarie (domination de l’humain sur l’humain) et la civilisation (coopération solidaire de l’humain avec l’humain), et ce sont les barbares qui se proclament les civilisés, tout en menaçant de recourir encore au crime contre l’humanité, commis doublement à Hiroshima et Nagasaki. Ce qui montre à quel point le conflit et l’enjeu sont vitaux pour l’existence de l’espèce humaine en tant que telle. Elle est à la croisée des chemins : son anéantissement ou sa renaissance. Et, répétons-le ad nauseam : tout dépend du rôle de la culture mondiale, fruit des cultures nationales.

1 Abderrahmane Mebtoul, « Ce qui nous attend », https://www.algeriepatriotique.com/2023/02/14/ce-qui-nous-attend/

2 On raconte que le frère regretté Larbi Ben Mhidi, quand, prisonnier, on évoqua sa mort, répondit avec assurance par ces mots d’une chanson de partisans français : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ».

3 Kaddour Naïmi, « Défense des langues populaires: le cas algérien », https://www.kadour-naimi.com/f_sociologie_ecrits_langues_populaires.html

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https://reseauinternational.net/du-pain-et-des-roses-ou-ce-qui-est-a-faire/

18 février 2023

https://tribune-diplomatique-internationale.com/painrosesfaire/

24 février 2023

+https://www.algeriepatriotique.com/2023/02/25/du-pain-et-des-roses-ou-ce-qui-est-a-faire/

25 février 2023

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #EDUCATION-CULTURE, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 18 Février 2023

Les démons-crates jouent aux démocrates ou Qui est contre la démocratie ?

Suite aux réflexions sur les droits civiques1, examinons pourquoi et comment les oligarchies impérialistes, contrairement à leurs déclarations, sont hostiles à toute forme de démocratie dans leur propre nation comme dans celles où elles prétendent l’exporter.

Pharisiens dans le rôle de Prophètes

À tout Seigneur tout honneur, d’abord, qu’en est-il du Saint des Saints, le « Modèle » mondial, avec ses « Règles » et ses « Valeurs », la nation qui, pour exister, a exterminé le peuple indigène : les États-Unis ?

Dans cette nation « élue par Dieu », la « démocratie » est le Credo des credo.

Notons, d’abord, que le mot n’existe pas dans la Déclaration d’Indépendance des États-Unis. À vous de découvrir le motif.

En outre, quand seuls deux partis politiques (« démocrate » et « républicain ») s’alternent au pouvoir, sans jamais qu’un autre parti politique puisse exister et conquérir le pouvoir, est-on vraiment en démocratie ? En réalité, ne s’agit-il pas d’une forme de Parti unique bicéphale ?… En effet, en quoi se distinguent ces deux partis quand l’un d’entre eux est au pouvoir ?… Quelques mesures sociales nouvelles (avec le parti « démocrate ») ou supprimées (avec le parti « républicain »), mais tous les deux partis maintiennent la domination de la minorité de riches (oligarchie) sur la majorité de la population ; et, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les agressions militaires extérieures assurent la domination de cette même hiérarchie sur la planète.

« Basta avec le complotisme ! » objecterait-on avec un accent scandalisé. Voici, alors, une cerise sur le gâteau :

« Le capital doit assurer sa propre protection avec tous les moyens possibles, grâce à notre union et à nos lois. Les dettes doivent être récupérées le plus rapidement possible ainsi que la valeur des hypothèques sur les biens. Ainsi, quand par exemple les personnes ordinaires perdent leurs maisons, elles deviennent plus dociles et sont plus facilement dirigées grâce au bras fort du gouvernement représenté par les principaux acteurs financiers.

« Ces vérités sont bien connues par nos représentants qui agissent à créer un impérialisme pour gouverner le monde. Grâce au système des partis politiques qui divisent les citoyens, nous les manipulons pour faire dépenser leur énergie sur des problèmes sans aucune importance. En agissant avec discrétion, nous garantissons la pérennité de ce que nous avons si bien planifié et réalisé. » Auteur de cette déclaration : l’Association des banquiers des États-Unis, en 1924.

Mais combien de personnes connaissent cette déclaration ? Quant aux «  problèmes sans aucune importance », allez voir du coté du wokisme actuel.

C’est donc constater combien le système social capitaliste impérialiste demeure la Vache Sacrée, la Poule aux œufs d’or ; et malheur à qui remet en question la domination du Saint Dollar : Thomas Sankara, Mouammar Khadafi et, aujourd’hui, la Russie et, après elle, les autres membres du Bric, et candidats membres comme l’Algérie.

Venons au « noble » et « admirable » dessein d’exporter la « démocratie » dans le monde.

« Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la Seconde guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pour jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.

« Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays (…)

« L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international.2 »

Déclaration d’un complotiste, ennemi de la démocratie et agent des dictatures ?… À vous de juger : l’auteur est Harold Pinter, discours à l’occasion du prix Nobel de littérature, à Stockholm, en 2005.

À ce qu’a mentionné l’écrivain, ajoutons les agressions militaires de certaines « démocraties » européennes contre la Libye et la Syrie, sans oublier les opérations d’exportation de la démocratie par la stratégie des « révolutions colorées », dont la plus « réussie » est celle opérée en Ukraine, en 2014. Dans ce pays, voici les merveilles de la démocratie : on « a épuré les bibliothèques3, pris le contrôle de tous les médias du pays, interdit 13 partis politiques et l’Église orthodoxe, et en définitive instauré un régime autoritaire. (…) la plupart des journalistes ont été arrêtés et (que) la plupart des avocats ont fui à l’étranger4». Dans cette liste de « succès » de la démocratie, il faut ajouter l’interdiction de pratiquer la langue maternelle par les citoyens russophones et leur bombardement depuis 2014, ainsi que les multiples scandales de corruption où est mêlé un homme addict aux drogues, Hunter Biden, fils du président U.S. Joe Biden5.

« Ouais !… objecterait-on. Vous oubliez qu’aux États-Unis les citoyens sont totalement libres de choisir leurs représentants ! »

Questions. Pourquoi, dans ce pays, jamais un parti politique autre que celui bicéphale arrive à gagner les élections ? Que faites-vous de la puissance du conditionnement des cerveaux des citoyens de la part des médias (dont les propriétaires sont directement ou indirectement financés par des membres de l’oligarchie), jusqu’à ceux en apparence neutres (films d’ Hollywood, publicité et réseaux sociaux). À ce sujet, recommandons la lecture du texte « canonique » de référence : « Propagande » de Edward Louis Bernays. Ce neveu de Sigmund Freud fut tellement génial qu’il est parvenu à utiliser les films d’ Hollywood pour faire fumer les femmes, en leur faisant croire que c’était là un signe d’émancipation, et encaissant, lui, une part des bénéfices financiers des multinationales du tabac.

Venons, ensuite, aux vassaux du Seigneur : les nations européennes, ces « berceaux » de la « Civilisation » mondiale (dont on connaît les prouesses dans les pays où ils ont exporté leur « civilisation », et, également, Région Bienheureuse de la « Démocratie » et des « Droits de l’Homme ».

Les thuriféraires de ces nations européennes proclament urbi et orbi: « En Europe, existe une pluralité de partis, de «droite » et d’ « extrême-droite, ainsi que de « gauche » et d’ « extrême-gauche ».

Comment expliquer, alors, que les partis extrêmes n’ont jamais pu vaincre les élections, tout au moins depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ? Quant à, ceux de « droite » et de « gauche », des « libéraux » aux « socialistes », ces derniers ont pris quelques mesures sociales certes utiles pour le peuple, mais n’ont jamais mis en question le système : la domination de l’oligarchique capitaliste impérialiste. Et malheur à qui tente de la remettre en cause, comme l’italien Enrico Mattei dans le secteur du pétrole.

Par conséquent, grâce à l’emprise de l’oligarchie capitalise impérialiste dans tous les secteurs d’activité sociale (industrie, économie, militaire, lois, culture, « divertissement », paradis fiscaux), le jeu « démocratique » est totalement contrôlé pour garantir la pérennité du « Modèle Éternel et Indépassable » : le système capitaliste impérialiste, appelé (« Cachez ce sein que je ne saurai voir ! ») « libéral », joli mot qui renvoie au très enchantant terme « liberté ». Mais combien comprennent qu’il s’agit de la liberté du loup dans la bergerie ? Et cela depuis la naissance de ce système « libéral ». Voici des recommandations d’un de ses Papes : « Soyez autant que vous pouvez avides, égoistes, dépensiers pour votre plaisir. C’est ainsi que vous ferez la prospérité de votre nation et le bonheur de vos concitoyens.” Bernard de Mandeville,1670-1733.

L’« Évangile » selon le « Divin marché »

Venons à l’exportation de la démocratie dans les nations économiquement moins développées. Ses prophètes proclament toujours, de la manière la plus biblique, que cette exportation sert les intérêts du peuple visé. Alors, raisonnons en modeste paysan, illettré mais doté de bon sens pratique.

Dans le cas où la démocratie, la vraie, est instaurée dans dans une nation économiquement moins développée, quelles en sont les principales conséquences pratiques ?

D’abord, ce sont les citoyens eux-mêmes qui choisissent librement, et sans conditionnement quelconque, leurs représentants ; cela implique que ces derniers servent honnêtement leurs électeurs.

Que s’ensuit-il logiquement ?… Que la nation agira pour devenir économiquement développée. Qu’est-ce que cela veut dire ?

D’une part, les dirigeants de la nation gèrent les ressources naturelles du pays dans l’intérêt bien compris des citoyens. Cela signifie vendre les ressources naturelles sur le marché international selon la loi capitaliste de l’offre et de la demande, donc au prix maximum possible. Quelle en serait la conséquence ?… Les nations économiquement développées devraient payer ces ressources naturelles au prix le plus élevé. Question : est-ce dans leur intérêt, plus exactement de celui des oligarchies financières qui dominent ces nations ?… Beh ! Non.

D’autre part, les dirigeants de la nation économiquement moins développée, pour la développer, créeront une base économique de production de biens matériels, donc importeront moins ou pas du tout ceux produits dans les nations économiquement développées. Quelle en serait la conséquence ?… Les nations exportatrices de « démocratie » n’auront plus de débouchés pour leurs produits à vendre aux nations économiquement moins développées. Question : cela est-il dans l’intérêt des oligarchies qui dominent les nations exportatrices de « démocratie » ?… Beh ! Encore non.

Ne devient-il pas, alors, d’une clarté lumineuse le fait que les nations exportatrices de « démocratie » n’ont absolument aucun intérêt à voir la réelle démocratie s’instaurer dans les nations économiquement moins développées.

Mercenaires qui se prennent pour des hérauts (ou « héros »)

Examinant le cas des « militants » qui, dans les nations candidates à l’importation de la « démocratie », « luttent » pour son instauration.

Écartons un malentendu : certes, dans ces nations existent des citoyens qui luttent pour une réelle démocratie, mais en comptant uniquement sur leurs propres forces et sur leurs relations avec les citoyens de leur pays. Bien entendu, ces militants rencontrent d’énormes difficultés dans leurs actions qui se placent dans un authentique développement économique de la nation, lequel exige l’élection vraiment démocratique des gouvernants, au service réel de leur nation. À cette authentique action sociale militante s’opposent deux adversaires : d’une part, la caste interne qui domine la nation, et, d’autre part, les oligarchies externes qui veulent en gérer les ressources naturelles.

De cette catégorie de militants sociaux, les médias non seulement ne parlent jamais, mais exercent toute la répression possible, comme c’est le cas, par exemple, de Nathalie Yamb par les autorités françaises.

Mais il y a une autre catégorie de « militants » pour la « démocratie » dans les nations économiquement moins développées. S’il est vrai que ces dernières souffrent de carence de démocratie qui sert réellement les intérêts des citoyens, peut-on croire à la bonne foi de cette seconde catégorie de « militants » quand les représentants des oligarchies capitalistes impérialistes leur accordent :

- dans les médias le maximum de publicité ?

- une consistante aide financière, plus ou moins occulte, en matière de logistique, visas de séjour, bourses d’études, constitution de médias, etc. ?

- un soutien d’avocats dont une recherche minutieuse montre leurs affiliations aux intérêts des oligarchies capitalistes impérialistes ?

- une exfiltration par des « services » étatiques ?

Et, encore, peut-on croire à la bonne foi de cette seconde catégorie de « militants » :

- quand ils déclarent lutter pour la démocratie dans leur nation d’origine, sans jamais évoquer les atteintes à la démocratie dans les nations exportatrices de « démocratie » ?

- quand ils défendent le droit à l’existence d’Israël, sans jamais parler du droit du peuple palestinien à un territoire libre et autonome ?

- quand ils dénoncent les agressions de certaines nations, par exemple la Russie en Ukraine, sans dénoncer des agressions encore plus destructrices, comme celles opérées par l’armée U.S. et d’autres pays de l’Otan, et cela depuis la Seconde Guerre Mondiale ? Ou, encore, l’intervention armée de l’Arabie saoudite au Yémen ?

- quand ils dénoncent une dictature militaire dans leur pays sans mentionner la dictature des oligarchies financières, notamment celle du complexe militaro-industriel, dans les nations exportatrices de « démocratie » ?

Question générale : quand on défend et lutte pour « le Bien, la Vérité, le Droit, la Démocratie »», etc., ne faut-il pas le faire sur toutes les nations de la planète, sans en excepter aucune ? Plus encore, de défendre ces droits dans les nations qui s’en réclament le plus ?

Question de bon sens : peut-on faire appel à l’aide d’un renard pour sauver un poulailler ? Réponse : « Quand un gouvernement dépend des banquiers pour son argent, ce sont ces derniers qui contrôlent la situation, parce que « la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit ». (…) L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme ni de décence ; leur unique objectif est le gain. » Napoléon Bonaparte.

3 « Déjà 19 millions de livres radiés des bibliothèques ukrainiennes » https://www.voltairenet.org/article218803.html

5 https://www.voltairenet.org/article218773.html

*

Publié in

https://www.algeriepatriotique.com/2023/02/12/oligarchies-imperialistes-ces-demons-crates-jouent-aux-democrates-ou-qui-est-contre-la-democratie/

12 février 2023

https://reseauinternational.net/les-demons-crates-jouent-aux-democrates-ou-qui-est-contre-la-democratie/

13 février 2023

https://tribune-diplomatique-internationale.com/demons-cratesdemocratie/

17 février 2023

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #AUTOGESTION, #EDUCATION-CULTURE, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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Publié le 6 Février 2023

Droits civiques : légitimité et manipulation

Dans un précédent texte fut évoquée la « guerre de 4ème génération »1. Les observations suivantes l’approfondissent sur le thème particulier des droits civiques.

Le dernier cas en date, en Algérie, est celui de Radio M. Aux considérations qui l’on concerné, il semble utile d’ajouter une réflexion d’ordre général et de principe.

Que des droits civiques et leur respect soient défendus dans une nation, cette revendication est normale et même honorable. Mais à certaines conditions claires et impératives.

1. Cette action doit être exprimée uniquement par des nationaux (ou bi-nationaux) ; si des étrangers s’en chargent, libres à eux, mais, d’abord, qu’ils s’occupent de la situation des droits civils dans leur propre nation, qu’ensuite ils défendent les droits civiques dans les nations où ces derniers sont bafoués de la manière la plus grave (par exemple en Palestine ou dans le cas de Julien Assange), qu’enfin ils démontrent avec des preuves concrètes et vérifiables qu’ils ne font pas partie ni ne sont financés, d’une manière ou d’une autre, par des agences étrangères dont le but, plus ou moins déclaré, est la « défense de la démocratie », des « droits de l’homme » ou encore de la « liberté d’expression ». Désormais et notamment depuis l’avènement des « révolutions colorées », théorisées et pratiquées, dont la documentation se trouve sur internet2, toute relation avec ce genre d’agences dont le but est un « changement de régime » élimine par principe toute prétention honnête à une défense des droits civiques. De la part de ce genre d’institutions et d’agences, les faits prouvent que tout financement, y compris l’octroi de « bourses d’études » et autres « reconnaissances », ne consiste jamais en une générosité désintéressée, mais sert les intérêts de l’État, du gouvernement et de l’oligarchie qui consent le financement. L’argent n’a pas d’odeur, mais un intérêt matériel, plus ou moins camouflé par de belles paroles.

2. Pour toute action civique dans une nation, les moyens matériels et financiers doivent être fournis exclusivement par la même catégorie de citoyens, c’est-à-dire des nationaux (ou bi-nationaux), en fournissant, là aussi, les preuves concrètes et vérifiables que ces derniers ne soient pas en réalité des paravents, des prête-noms, des individus en relation, plus ou moins occulte, avec des agences étrangères spécialisées dans le « changement de régime ».

3. Concernant les actions gouvernementales au sein de la nation, la critique est certes souhaitable et nécessaire, dans la mesure où elle est réellement constructive ; pour l’être, cette critique doit veiller absolument à ne pas être instrumentalisée de la part d’individus ou d’institutions dont les preuves existent sur le but de leur « solidarité » : un « changement de régime » favorable aux intérêts que ces agences ou institutions représentent.

4. Un homme politique de grande expérience déclara : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » (Charles De Gaulle). En d’autres termes, toute agence ou institution d’un État étranger ment si elle prétend « aider » une autre nation ou son peuple ; en réalité, toute action de ce genre sert d’abord et avant tout l’intérêt de l’État dont l’action émane, de manière directe ou indirecte ; prétendre le contraire est simplement de l’ignorance ou de la propagande manipulatrice. Désormais, on a constaté la nature et le but de tous ces États du bloc impérialiste qui, toujours, évidemment, prétendent « aider » au développement des nations économiquement nécessiteuses : en réalité, la prétendue « aide » est une main-mise et une exploitation des nations qui en sont victimes3. La seule relation admissible consiste à pratiquer le « gagnant gagnant » de manière honnête, c’est-à-dire une coopération qui sert de façon égale les intérêts des deux nations en relation.

Qu’il soit donc bien clair ceci : aucun individu, aucun représentant, aucune institution, aucune agence du bloc impérialiste4 n’est crédible quand ils parlent de « démocratie », de « liberté d’expression », de « droits de l’homme ». Il s’agit du renard qui vise à s’emparer du fromage du corbeau. Il faut être totalement naïf, ignorant ou manipulateur pour croire à ces déclarations. On a assez vu ce qu’elles visaient et ont obtenu en Yougoslavie, en Irak, en Libye, etc. Plus encore : depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, on constate ce que la « démocratie » a porté aux nations telles que le Japon, l’Allemagne et l’Italie, pour ne pas parler de l’Europe : la vassalisation à l’oligarchie états-unienne. Cette dernière ne s’en est même pas caché : le débarquement de l’armée états-unienne en Normandie, le 6 juin 1944, avait comme nom de code : « Overlord »5. L’oligarchie U.S. laissa l’Europe et l’Union soviétique être détruites par l’armée nazie, et cette dernière anéantie par l’armée soviétique, pour n’intervenir qu’au moment opportun (1944 !) en se présentant en « sauveurs » pour la reconstruction de l’Europe (plan Marshall, donc prêts financiers, c’est-à-dire dette pour les nations « bénéficiaires »), par conséquent sa vassalisation, puis, juste après la victoire, devenir la puissance hégémonique mondiale face au « communisme », concurrent de l’oligarchie états-unienne. À ce sujet, rappelons deux faits significatifs. Quand Enrico Mattei agissait pour émanciper l’Italie de la domination des multinationales U.S. du pétrole, en créant des relations directes avec des pays pétroliers, il... mourut dans un accident d’avion. Et De Gaulle, qui, durant la seconde guerre mondiale, avait bien connu les intentions des Etats-Uniens, s’était bien gardé de tenir la France hors de l’Otan, instrument de domination U.S.

Revenons à notre thème. Quand un individu ou une association réclament le respect des droits civiques dans une nation, par exemple l’Algérie ou la Russie, sans rappeler cette absence de droits (par exemple concernant des journalistes palestiniens assassinés par l’armée israélienne, ou Julian Assange emprisonné et soumis à une torture psychologique, ou le meurtre de la journaliste russe Daria Douguina par les services secrets ukrainiens, etc.), en absence de rappel de ces faits, pour se focaliser uniquement sur d’autres (qui visent seulement des nations qui ne répondent pas aux intérêts du bloc impérialiste), n’est-il pas clair, alors, que nous avons affaire à de la manipulation en faveur de ce bloc impérialiste ?

Certes, la solidarité internationale en matière de défense de droits civiques est souhaitable et nécessaire. Mais cette action doit absolument fournir les preuves concrètes et vérifiables de l’absence de toute forme de relation avec des agences de « changement de régime ». Par exemple, on constate, de la part de certains individus ou associations, auto-proclamés représentants de la « société civile », l’appel à la « solidarité » d’institutions (du type Union Européenne ou même ONU) pour demander de l’ « aide ». Or, on a vérifié en quoi consiste cette aide : utiliser la tactique d’ « ingérence humanitaire » pour justifier des agressions d’armées étrangères (Yougoslavie, Irak, Libye) qui ont changé des régimes politiques en faveur des oligarchies des armées d’agression. Oui ! Les nations citées manquaient de démocratie, mais, après les agressions armées étrangères dont elles ont été victimes, y a-t-il de la démocratie ? Et le système politique instauré profite-t-il aux peuples de ces pays où aux oligarchies étrangères qui ont proclamé être leurs « sauveurs » ?

Chaque peuple ne peut être sauvé que par lui-même, que par ses citoyens, sans aucune forme d’ingérence étrangère. Cela n’exclut pas la solidarité envers ce peuple, à condition qu’elle soit dotée des preuves concrètes et vérifiables de ses résultats bénéfiques, seule preuve de leurs bonnes intentions.

Tout citoyen, toute personne agissant dans le social, tout citoyen, tout intellectuel, tout artiste doivent veiller à ce que leurs actions, même et surtout quand elles sont critiques envers les réalisations du gouvernement de sa nation, que ces actions civiques soient donc insérées dans un cadre qui ne fasse pas le jeu d’institutions ou d’agences, plus ou moins occultes, qui agissent contre les intérêts de la nation, et au bénéfice d’une nation du bloc impérialiste.

Il faut, également, veiller à bien comprendre les buts réels des actions d’institutions comme les « centres culturels » des nations du bloc impérialiste. Il ne s’agit pas de les boycotter ou de les diaboliser, mais de discerner clairement la part de contribution culturelle bénéfique à la vie de la nation où ces centres opèrent, et la part de manipulation intellectuelle des cerveaux des participants à ce genre d’activité, en vue d’un changement de régime. La manipulation des cerveaux n’opère pas seulement dans le domaine politique, de manière directe, mais tout autant dans le domaine de la culture, de manière insidieuse. Il suffit d’examiner les manuels d’apprentissage de la langue du centre culturel concerné pour constater combien, par ce procédé, s’exerce insidieusement une propagande, qui sert les intérêts de l’État auquel appartient le centre culturel. Le langage est une arme qui peut préparer aux armes comme langage.

Donc, critique, certes oui, mais patriotique, autrement dit qui sert le peuple et la nation, sans jamais être instrumentalisée, de manière inconsciente ou - plus grave – volontaire (pour « bénéficier » d’intérêts personnels) de la part d’agences ou d’institutions étrangères, surtout quand on sait ou devrait savoir qu’elles n’agissent pas dans l’intérêt de la nation qu’elles se proposent d’ « aider ».

Deux objections possibles.

1. « Ton patriotisme est du nationalisme étriqué qui ignore les bénéfices de la mondialisation, d’une part, et, d’autre part, ne tient pas compte de la solidarité entre les peuples ! »

La seule mondialisation acceptable et souhaitable est celle où n’existe aucune nation dominante, imposant ses « règles » et « valeurs » aux autres nations vassalisées, mais, au contraire, où toutes les nations, sans exception, coopèrent de manière libre, égalitaire et solidaire.

Et le seul internationalisme acceptable et souhaitable est la solidarité libre et égalitaire entre les exploités de toutes les nations de la planète, pour s’émanciper des oligarchies qui les dominent. Bien entendu, même dans ce genre de solidarité, il faut veiller aux possibles infiltrations de la part d’agents au service du bloc impérialiste.

2. « Tu parles de nation, de peuple, mais tu occultes le type d’État, de gouvernement qui se servent des biens de la nation et oppriment le peuple ».

Qu’un État, un gouvernement agissent contre l’intérêt de la nation, plus exactement contre son peuple, - à condition de le démontrer de manière convaincante, c’est-à-dire concrète et vérifiable -, ce fait ne justifie en aucune manière l’appel à un autre État, gouvernement ou à ses agences et institutions, - même et surtout quand elles se présentent comme « indépendantes » - pour améliorer le comportement de mon État, de mon gouvernement. Il appartient, répétons-le, uniquement au peuple, aux personnes, aux associations et institutions nationales d’agir pour que leur État, leur gouvernement agissent de manière plus respectueuse des droits de ses citoyens. Et si l’État, le gouvernement se comportent de manière répressive envers les légitimes droits du peuple, ce fait ne justifie en aucune manière le recours à une « aide » étrangère, car, répétons-le, il n’existe pas d’État ami mais seulement d’État qui agit d’abord pour servir ses propres intérêts. Répétons-le autant qu’il le faudra : un peuple ne peut se sauver que par lui-même, avec la solidarité de ses citoyens les plus éclairés, qui ne visent pas à se servir mais à servir leur peuple.

1 http://kadour-naimi.over-blog.com/2023/01/guerre-de-4eme-generation-tomate-caillou-et-muraille.html

2 Voir en particulier Ahmed Bebsaada https://ahmedbensaada.com/. On comprend alors la nécessité absolue d’enquêter, d’une part, et, d’autre part, les attaques contre un auteur de ce genre de publication parce que, précisément, il démasque l’hypocrisie et la tactique occulte des actions prétendument de défense de droits civiques.

3 Un prochain texte examinera pourquoi (et comment) les oligarchies impérialistes, contrairement à leurs déclarations, sont hostiles à toute forme de démocratie tant dans leur propre nation que dans celles où elles prétendent vouloir l’instaurer.

5 Le Wiktionnaire définit ainsi le mot : « de l'anglais overlord. (…) Lord situé au-dessus des autres lords, dans le système féodal anglais. Vocabulaire apparenté par le sens suzerain ».

Publié in

https://www.algeriepatriotique.com/2023/01/29/droits-civiques-legitimite-et-manipulation/

29 janvier 2023

https://reseauinternational.net/droits-civiques-legitimite-et-manipulation/#easy-footnote-bottom-1-294185

30 janvier 2023

https://tribune-diplomatique-internationale.com/droits_civiqueslegitimitemanipulation/

5 février 2023

 

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Rédigé par Kadour Naimi

Publié dans #EDUCATION-CULTURE, #AUTOGESTION, #PEUPLE-DEMOCRATIE

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